lundi 19 juin 2017

L'atelier d'écriture n°272 de Leiloona : Puzzle Solitaire (2) : Réveil.

Le lien du premier texte ici.





L'homme ouvre les yeux. Etalé dans une herbe fraîchement éclaboussée par la rosée matinale, il se redresse doucement, et, avec des gestes un peu gauches, s'étire lentement, faisant craquer quelques os capricieux de son jeune corps en ce début de journée. Le soleil se cache encore derrières quelques lambeaux de nuages grisâtres, mais il ne va pas tarder à se lever, l'homme en est certain. S'ébouriffant de longs cheveux bouclés dépassant très largement d'un crâne qu'il juge trop petit, ce dernier regagne d'une lente démarche la petite bagnole qui lui sert d'abri. Rien de tel qu'une petite nuit à la belle étoile, pour remplir sa caboche et rêver pensa-t-il alors qu'il s'installe sur la banquette arrière de celle qu'il se plaît à surnommer affectueusement "L'Epave". Ou plutôt cauchemarder rectifia-t-il après réflexion, se remémorant sa nuit mouvementée. S'allongeant à demi, les pieds dépassant par une fenêtre ouverte, tentative désespérée pour capturer une quelconque fraîcheur en ce début d'une journée qui s'annonce chargée. En y pensant, il lâche un soupir et commence à réciter ce qu'il devra faire un peu plus tard dans la matinée. Le coeur ensoleillé, il reste tout de même de bonne humeur, et pourrait presque s'endormir, si dans un éclair de lucidité, il parvient à rester seul maître de lui-même. Après quelques dizaines de minutes passées dans cette position, il décide de passer à l'avant, siège conducteur. Regard rapide vers l'heure. C'est qu'il a le temps, le jeune ! pensa-t-il avec un rire de satisfaction. D'un geste las, il pousse le bouton de la radio et se laisse à nouveau bercer, mais cette fois par la douce voix qui en sort :

"Pacifique... Océan Pacifique..."

Il aime ce moment, il en a besoin. La mélodie le berce, le calme, le rend plus serein pour affronter la suite. Il se sent intouchable. C'est le moment. C'est son moment. L'homme se sent invincible. Le vent le fouette par la vitre avant, ouverte elle aussi. Peu à peu, il sombre dans un état de semi-conscience. Il n'est plus que pensée. Il s'invente des tas d'histoires, où il est le protagoniste tantôt, parfois un simple figurant. Il pense à la photo, il se met en scène dans celle-ci, réfléchit sur lui, se pose des questions. Son corps n'est plus. Il n'est que pensée.


Soudainement, la musique s'interrompt. L'Epave devient silencieusement lourde. L'homme se redresse. Quelques secondes. Un grésillement. Il tressaille. Une voix se met en route. Rauque. Lente.

Ils ne me veulent pas de bien.
Le mal les habite.
Traverse leurs entrailles.
Coule dans leurs veines.
La folie habite leur coeur.
Je nage dans une piscine d'horreur...
Et de souvenirs...
Les flocons ensanglantés d'une plume torturée
Se perdent sur un sol où s'entassent des points d'interrogations
Parfois je me perds en pensée
Puis je me réveille en criant...

Le cauchemar. L'homme comprend qu'il doit y aller. Il démarre lentement, et, dans une petite larme ensanglanté, se dirige vers sa prochaine étape.

Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est libre de droit, je n'ai pas trouvé l'auteur.

dimanche 18 juin 2017

Les secrets de Brune


Auteure : Bruna Vieira

Illustratrice : Lu Caffagi

Maison d'édition : Sarbacane

Nombre de pages : 88 pages

Année de sortie : 2017



 
              
Introduction : Je tiens à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Pour tout vous avouer, je ne connaissais pas l'auteure et l'illustratrice de cet album, même si la première est une youtubeuse brésilienne assez connue (un million d'abonnés sur sa chaîne). C'est avant tout la couverture et ce visage magnifiquement bien coloré qui a attisé ma curiosité, et m'a donné envie de découvrir quel genre d'histoire cet album recelait.

Pour commencer, l'histoire en elle-même est celle d'une jeune fille nommée Brune. Celle-ci nous raconte son premier jour dans sa nouvelle école et les différents sentiments qu'elle ressent à cause de ce grand changement dans sa jeune vie.

Vous l'aurez devinez à la lecture du nom de la scénariste de cet album, cette histoire est bel est bien une biographie de Bruna, nommée Brune dans le livre. Cette dernière est un personnage charmant, très bien dessinée, mais je vais y revenir. La scénariste arrive bien à nous transmettre les émotions et les sentiments que l'on ressent lorsqu'un grand changement intervient dans notre vie, et encore plus à cette âge. Elle nous montre les doutes, les peurs, les craintes et tout ce que peut engendrer ce changement d'école. Ce livre touchera vraiment les enfants étant en école primaire je pense, c'est sans aucun doute le public visé, car c'est eux qui arriveront le mieux à s'identifier à Brune. C'est une oeuvre qui les fera réfléchir, sans aucun doute !

Il y a beaucoup de références à la culture littéraire brésilienne, puisque Bruna Vieira a donné à chacune des planches le titre d'un roman connu (pas seulement brésilien !) ou fait un clin d'oeil à des classiques littéraires en tout genre. Je trouve juste, et ce sera le seul petit défaut que je formulerais, que parfois le tout est un peu "brouillon". J'ai parfois eu du mal à me situer dans l'histoire, à comprendre dans quel direction l'auteure voulait amener son personnage. Mais cela reste tout de même assez rare, et après une ou deux relectures de la planche, on comprend un peu mieux.
Pour finir, comment vous parler de cette oeuvre sans évoquer les illustrations réalisées par Lu Caffagi. J'ai adoré les contempler. Je suppose (mais je ne suis absolument pas sûr) que la technique utilisée est celle du pastel. Eh bien... Quel travail ! Je n'en revenais pas ! Un régal pour les yeux, et je pense que vous savez à quel point les dessins comptent pour moi lorsque je découvre une BD ou quelconque oeuvre iconographique. J'ai trouvé le style fin sans être trop complexe, les couleurs sautent aux yeux, chaque lecteur appréciera ! Bravo à l'illustratrice !

C'est la seconde fois que je vous présente un album des éditions Sarbacane, et là encore, la qualité est au rendez-vous ! Bravo à la scénariste et l'illustratrice ! A mettre dans les mains des écoliers dès 8-10 ans !

dimanche 11 juin 2017

La folle rencontre de Flora et Max de Colline Pierré et Martin Page

Auteurs : Colline Pierré et Martin Page

Maison d'édition : L'Ecole des Loisirs

Collection : Medium

Nombre de pages : 200 pages

Année de sortie : 2015




Résumé : Lorsqu’elle découvre l’étonnante lettre de Max, Flora est à la fois heureuse et troublée, elle reçoit peu de courrier depuis qu’elle est en prison… Que peut bien lui vouloir ce garçon excentrique qui semble persuadé qu’ils ont des points communs ? Que peut-il partager avec une lycéenne condamnée à six mois ferme pour avoir violemment frappé une fille qui la harcelait ? Max ne tarde pas à révéler qu’il vit lui aussi enfermé. Il a quitté le lycée après une grave crise d’angoisse, depuis, il ne peut plus mettre un pied dehors et vit retranché chez lui, avec ses livres, son ordinateur, son chat gourmet et son ukulélé. Flora et Max vont s’écrire, collecter chaque jour des choses lumineuses et réconfortantes à se dire, apprivoiser leur enfermement et peu à peu, avec humour et fantaisie, se construire une place dans le monde.


Introduction : J'ai vu ce livre sur beaucoup de blogs différents lors de sa sortie. Les avis étaient dans Rl'ensemble assez positifs à son sujet, et j'étais curieux de le découvrir, comme tout bon amateur de roman épistolaire. Prévu dans mon abonnement 2017 à l'Ecole des Loisirs (j'en avais parlé dans un dossier sur mon ancien blog), j'étais très content de le recevoir, et je n'ai pas tardé à le lire, d'une traite.

Commentaire : Ce roman, c'est avant-tout deux personnages, ou plutôt deux lycéens. Flora et Max. La première est enfermée pour six mois en prison pour avoir presque tué une fille qui la harcelait, le second car il a peur du monde extérieur. La première lettre vient de Max. Deux êtres torturés qui vont au fur et à mesure apprendre à se connaître et à s'apprivoiser.

J'ai vraiment trouvé Max et Flora touchants. Je les ai trouvé tous les deux très attachants, même si j'ai eu un peu plus de mal avec le premier. Pourquoi ? Eh bien... Je trouve que Max est disons... Un peu dérangé psychologiquement. Pour cette raison, je n'ai pas su m'identifier à lui, car il a une vision du monde assez spéciale, que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre tout au long de l'histoire. Je ne préfère pas avancer d'hypothèse sur ce qu'il pense réellement, de peur de me tromper. Je dirais simplement que je l'ai trouvé plutôt égoïste parfois et excentrique, comme dit dans le résumé, même si cela ne m'a pas empêché de m'attacher à lui. En ce qui concerne Flora, c'est un personnage que j'ai trouvé beaucoup réel, au sens où ce n'est malheureusement pas un cas isolé, contrairement à Max (ou du moins, j'ai beaucoup plus entendu d'histoires similaires à celle de Flora contrairement à celle de Max). J'ai pu ainsi m'identifier à elle, ou du moins comprendre son ressenti et sa souffrance d'être enfermée ainsi. On a envie de l'aider, de témoigner en sa faveur, contrairement à ses soi-disantes amies. Heureusement que Max est là, car il reste quelqu'un de très sociable, qui est bien décidé à aider la jeune fille, ou du moins à lui faire voir un petit bout de ciel bleu au travers de cette période emplie de nuage sombre dans sa vie. Il y arrive merveilleusement bien, et Flora l'aide aussi à combattre sa phobie et à s'ouvrir au monde.

Cette histoire, c'est celle d'une amitié entre deux personnes que la vie n'a pas épargnées. On voit Max et Flora s'ouvrir peu à peu l'un à l'autre, s'aider, se consoler, s'apporter de la joie en racontant chacun son quotidien rythmé par le ukulélé, les oiseaux et des projets en tout genre. Peu à peu, et comme cela est si bien dit dans le résumé, ces deux adolescents vont se construire une place dans un monde qui ne veut pas d'eux, puisque l'un le hait au point de ne plus sortir de chez lui, et l'autre est condamnée à rester coincée entre quatre murs pendant quelques mois. Ils ont été abimés par la vie, ils lui rendent bien. Même si l'histoire prend une direction assez farfelue et inattendue, le lecteur est touché par cette amitié qui se construit au fil des lettres. On se sent comme le troisième membre de cette rencontre inattendue et assez... folle finalement. De part les membres qui la composent et de part le contexte aussi. C'est cela qui la sublime encore plus.

Les deux auteurs écrivent des lettres courtes, mais qui suffisent à faire avancer l'histoire. On sent qu'ils ont pris beaucoup de plaisir à rédiger l'histoire de cette folle rencontre. Le lecteur aime. On lit ça vite, mais on n'en ressort pas moins avec un souvenir fort.
Pour parler en quelques phrases de la fin, je la trouve folle, à l'image de cette belle rencontre. Elle passe presque pour normale, et elle arrache un sourire. On finit le livre sur une belle touche.

Si vous aimez les romans épistolaires, alors foncez, vous ne serez pas déçus par cette histoire belle et farfelue, qui plaira aux jeunes dès 12 ans !

Stéphane Servant revient en août au Rouergue...

Bonjour à tous ! En attendant de plus amples informations, voici la couverture du nouveau roman de Stéphane Servant, publié une nouvelle fois aux éditions du Rouergue. Rendez-vous un peu plus tard pour un autre teaser et en Aout pour la sortie du roman...

dimanche 14 mai 2017

Adèle et les noces de la Reine Margot de Silène Edgar

Auteur : Silène Edgar


Maison d'édition : Castelmore


Nombre de pages : 352 pages


Année de sortie : 2015










Résumé de l'éditeur : Entre 2015 et 1572, il faut choisir ! Adèle en a marre de ses parents, qui ne comprennent jamais rien. Au collège, elle préfère passer du temps avec ses copines que d'étudier. Aussi, quand elle apprend qu'elle doit lire un livre en entier pendant les vacances, c'est une véritable punition...
Mais dans ses rêves, la nuit, l'impossible se produit ! Adèle est à la Cour, au XVIe siècle, au milieu des personnages de La Reine Margot !
Elle rencontre même un beau jeune homme...
Ce qu'Adèle vit en 1572 vaut-il la peine de sacrifier ses amis et sa famille de 2015 ?

Introduction : Ce livre, qui me faisait envie depuis un bon petit bout de temps déjà, m'a gentiment été dédicacé par l'auteure elle-même, que je remercie chaleureusement. J'ai d'ailleurs pu tranquillement discuter avec elle durant un bon moment. Ce fût vraiment une superbe rencontre, Silène Edgar est une personne très gentille, toujours ouverte aux discussions avec ses lecteurs ! Pour parler rapidement du roman en lui-même, j'en ai entendu parler sur le site Actusd (lien à coller), puis je me suis renseigné plus amplement à son sujet par la suite, car l'histoire m'intriguait au plus haut point ! Voyons de suite ce que j'en ai pensé.

Commentaire : Comme indiqué dans le titre, le personnage principal de cette histoire se nomme Adèle. Celle-ci est en quatrième dans un collège de Saint-Nazaire. Elle a été très touchée par la mort de sa grand-mère, survenu quelques mois auparavant. Depuis, c'est une sorte de guerre entre ses parents et elle, car ces derniers ne semblent pas la comprendre. A l'école, ses notes sont en baisses constantes, ce qui ajoute encore de la tension au sein de sa relation avec ses parents. Adèle est une jeune fille au fort caractère, qui est tout de même très sensible. Il lui suffit d'une petite réflexion de ses parents, comme une étincelle qui mettrait le feu à la poudre, pour que l'adolescente s'enflamme.  Voilà pour ce qu'il fallait savoir à son propos. Et... Je dois avouer que je suis assez mitigé à propos d'Adèle. Tout d'abord, je trouve que celle-ci part trop facilement. Il suffit d'un petit mot, parfois un simple geste, pour que celle-ci s'offusque, se braque, se mette en colère ou qu'elle se mette à pleurer. D'après moi, elle prend aussi trop de décisions sur un coup de tête, sans jamais vraiment réfléchir aux conséquences de ces dernières, qui pourraient être plutôt désastreuses, bien souvent. Pour expliquer cela, je trouve aussi que l'attitude de ses parents à son égard est absolument déplorable. Ces derniers refusent de discuter avec elle, ils tentent constamment d'imposer leur autorité sans même tenter de crever l’abcès et de comprendre Adèle. Le lecteur comprend vite qu'il y a un problème de communication au sein de cette famille. J'ai tout de même fini par m'attacher à Adèle. On ne peut que comprendre cette adolescente quand on voit l'attitude de ses parents, qui veulent tout bien faire mais qui se trompent constamment. On a envie de l'aider, de lui parler, de la réconforter... Malgré son caractère parfois difficile, j'ai tout de même assez bien aimé Adèle.

L'histoire, en plus d'être originale, et très addictive. On se prend vite au jeux, on traverse avec la jeune fille ces deux époques totalement différentes. Le lecteur, grâce aux passages au XVIe siècle, apprend beaucoup de choses sur le mode de vie à l'époque ainsi que sur les guerres de religions, qui faisaient rage à cette époque de l'Histoire. Le travail de documentation a du être colossale pour Silène Edgar, pour écrire avec fidélité les habitudes de l'époque. On croise de nombreux personnages historiques durant tout le long de notre lecture. Certains que l'on apprécie plus que d'autres. Cette histoire m'a parfois fait pensé à celle de quelqu'un addicte aux jeux vidéos, avec cet éternel dilemme : vie réelle ou vie virtuelle ? Je trouve que l'auteure gère très bien les différents passages, entre réalité et rêve. Elle sait arrêter les rêves de son personnage pile au bon moment, ajoutant du suspens à l'histoire. On se pose toujours plus de questions sur ce qu'il va se passer dans les rêves d'Adèle. Je trouve juste une petite facilité scénaristique vers la fin de l'histoire, quand Adèle découvre qu'elle peut faire certaines choses par rapport à ses rêves. Si elle n'avait pas pu, je pense que cela aurait été encore mieux, rajoutant encore de l'action et du suspens à l'histoire. Silène Edgar a très bien su allier le récit de vie au fantastique et au genre historique. J'aime beaucoup.

J'aime beaucoup la plume simple et légère de la romancière. On suit le récit simplement, sans en perdre le fil à cause de descriptions trop ennuyantes ou de dialogues inutiles. Le récit est ainsi accessible aux plus jeunes comme aux plus grands, même si les adultes trouveront le tout peut-être un peu enfantin.
Une fin  assez en accord avec le reste du livre. Ouverte, sur une belle touche, après pas mal de suspens. Quelques questions restent en suspens, Silène Edgar laissant faire notre imagination.

Ce livre, le second signé de la plume de Silène Edgar, fût une belle découverte pour ma part, malgré un ou deux petits défauts au niveau du personnage principal et de l'histoire. A mettre dans les mains des adolescents jusqu'à 16 ans.

jeudi 11 mai 2017

Comment (bien) rater ses vacances d'Anne Percin

Auteure : Anne Percin


Maison d'édition : Le Rouergue


Collection : Doado


Nombre de pages : 240 pages


Année de sortie : 2010








Résumé de l'éditeur : "Chers parents,
Mon stage de survie en milieu hostile se passe bien, merci. J'espère que vous n'êtes pas trop morts, par rapport aux fais de rapatriement qui doivent coûter bonbon, depuis la Corse.
Si jamais vous ne reveniez pas, ce qui serait sympa de m'envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier.
Bon ben je vous laisse,
c'est l'heure de ma piqûre d'héroïne.
Gros bisous, votre fils bien-aimé,
Maxime"

Cet été, Maxime ne veut pas partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie, pour glander devant l'ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes !

Introduction : Je tiens à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !

Je ne connaissais pas spécialement ce livre avant que Pauline (la personne chargée de la communication au Rouergue) ne m'en parle. J'ai de suite reconnu le nom d'Anne Percin, pour avoir entendu de bons retours sur l'une de ses récentes publication : Ma mère, le crabe et moi, toujours publié chez Le Rouergue. Puis j'ai lu le résumé de ce fameux livre que j'allais prochainement recevoir. Et il faut avouer que ça en jette vachement comme résumé ! Je me trompe ? Pourtant, c'est ce qui m'a tout de suite intrigué dans ce livre, j' étais vraiment curieux de découvrir ce que recelait ces pages. Et je ne suis pas déçu, loin de là !

Commentaire : Maxime. Un personnage absolument incroyable. Je l'ai vraiment adoré, et je pèse mes mots. Je trouve vraiment qu'Anne Percin a réussi à représenter l'adolescent typique dans toute sa splendeur. On retrouve vraiment chez son personnage les réflexions normales d'un garçon en plein passage de l'âge d'enfant à l'âge adulte, les attitudes ou encore les préoccupations. L'auteure dresse un fidèle portrait de la jeunesse de nos jours avec un Maxime bourré de défauts comme de qualités. On le voit vraiment évoluer au fur et à mesure que l'histoire avance. Il se pose des questions, mûrit car il est bel et bien confronté à lui-même durant une bonne partie de l'histoire. C'est aussi un point que j'ai bien apprécié dans ce livre. Maxime se pose énormément de questions. On ressent ses émotions. Cela le rend plus humain, plus réel, plus vivant pour le lecteur. Anne Percin a vraiment gagné tout mon respect, car il est très difficile je trouve d'arriver à représenter fidèlement un adolescent dans les romans à leur destination de nos jours. Ils sont soit trop gamins, soit trop adultes. Maxime est le parfait milieu. C'est pour ça que le lecteur l'adore, tout simplement.

Quant à l'histoire, elle est juste succulente. On suit avec un plaisir non dissimulé les vacances plutôt laborieuses (c'est le cas de le dire) d'un Maxime qui comptait juste glander tranquillement sur l'ordinateur en matant des films à longueurs de temps. Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, ça ne se passera pas tout à fait ainsi. Tout d'abord, j'ai adoré cette histoire car elle est bourrée d'humour. J'ai vraiment ri comme rarement j'ai ri depuis que je lis de la littérature young-adult. Que ce soit avec la répartie de Maxime, avec les réflexions de ce dernier sur ce qu'il lui arrive ou encore avec les situations cocasses dans lesquelles il arrive à se fourrer, on en fini plus de se marrer. Ce livre est vraiment un concentré de bonne humeur et d'humour, qui redonne la pêche à quiconque osera le lire. Concernant l'histoire en elle-même, elle m'a fait penser au film babysitting à certains, avec des situations désastreuse auquel Maxime essaie de remédier, mais il se fourre encore plus dans le pétrin (pour être poli). On se régale à suivre les péripéties de ce jeune adolescent seul suite à la crise cardiaque de sa grand-mère, ses parents et sa soeur loin de lui. L'auteure a une imagination folle. Elle trouve toujours le moyen d'enfoncer Maxime encore plus au fond du trou, comme si l'infarctus de sa grand-mère ne suffisait. Celui-ci, loin de s'avouer vaincu, affronte avec bravoures les aléas de la vie, refoulant avec bravoure les épreuves qu'on lui impose. Tout cela dans le rire, la bonne humeur et la joie de vivre. Evidemment.

J'ajouterais juste quelques lignes sur la plume de l'auteure (vous devez avoir l'habitude à présent). Je me suis régalé à lire ce bouquin car Anne Percin écrit d'une manière très fluide. Les lignes glissent toutes seules sous nos yeux ravis. Cela ne l'empêche pas d'ajouter parfois deux trois réflexions sur la vie dans l'esprit de Maxime, avec à la clé quelques belles métaphores. J'ai particulièrement aimé les chansons écoutées par Maxime. Je tâcherais de reproduire sa playlist, la romancière ayant eu la gentillesse de nous écrire la liste des titres à la fin du roman. J'espère découvrir rapidement la suite de cette histoire et ainsi retrouver Maxime. Je crois apercevoir quelle direction va prendre tout ça, et je peux d’ores et déjà vous annoncer qu'on va se bidonner, rien qu'au titre : Comment (bien) gérer sa love story. Maxime et l'amour. Vous vous imaginez l'équation ? Moi j'ai hâte de voir ce que cela peut donner. J'hésite aussi à me lancer dans Ma mère, le crabe et moi, car j'ai pu découvrir d'excellents avis à sa sortie. Je crois qu'il aborde un sujet lourd : Le cancer. A voir pour une prochaine lecture.

Vous l'aurez compris à la lecture de cette chronique, ce livre d'Anne Percin est une véritable bouffée d'air rafraîchissante, idéal à lire après un livre rempli d'émotions (style Nos Etoiles Contraires, pour ne citer que l'un des plus connus). L'humour et l'aventure sont les maîtres mots de cette histoire haute en couleur. Je recommande chaudement, pour tout public !

lundi 8 mai 2017

L'atelier d'écriture n°266 de Leiloona : Puzzle solitaire (1)



Ils ne me veulent pas de bien.

Le mal les habite.

Traverse leurs entrailles…

Je marche à l'instinct. Autour de moi, tout n'est que d'un blanc éclatant. Des flocons se déposent par milliers autour de ma silhouette chancelante. Bientôt, un village se dresse à l'horizon. Je m'en rapproche. Je ne sais pas où je suis. Mais je continue à marcher, malgré tout, comme si ma vie en dépendait. J'entre dans le petit hameau. Aucune des premières maisons n'a l'air occupée. Une sorte de soulagement m'envahit peu à peu. Heureux de comprendre que je suis seul et maître de ces lieux. Un sentiment très vite dissipé par des lueurs que je vois traverser les volets, s'allumant comme des dizaines de petites lucioles luisantes. Bientôt, des murmures se font entendre. Des visages apparaissent aux fenêtres éclairées, on ouvre les volets, on m'observe, moi la créature encapuchonnée de la nuit. Les chuchotements s’amplifient, devenant peu à peu des voix bien distinctes. On prie, du moins, je le crois. Cette ambiance m'oppresse, je me sens observé, détesté. Je tente d'aller plus vite, pressé de voir ce qu'il y aura de l'autre côté.

Soudain, un cris éclate dans le ciel obscur de la nuit. Surpris, je trébuche sur une pierre.  Les mains et genoux dans la neige. Une larme s'échappe du coin de mon oeil. Je me relève avec difficulté. Derrière moi, des pas, saccadés, nombreux, pressés. Je tourne la tête. Des cris. Des silhouettes. Des hommes. Des fourches. Du sang. Un soupir. Pris par l'adrénaline, le stress, les émotions et l'urgence, je cours. Sans m'arrêter, sans réfléchir. Je bifurque, tourne, traverse des maisons de bois, où femmes et enfants qui sont restés à l'intérieur hurlent sur mon passages, guidant armes et poings derrière moi. Au bout de plusieurs minutes, peut-être plusieurs heures, les cris finissent par décroître. Les pas se stoppent peu à peu, on abandonne une traque trop dure dans de telles conditions. J'ai fini par repérer cette vieille bâtisse abandonnée, un peu en retrait du centre du bourg. Un sous-sol, deux paires d'escaliers. Arrivé, je décide directement de descendre, non sans quelques acrobaties en raison de marches en piteux état. Je trouve assez vite un petit coin douillet, où je pourrais essayer de dormir un peu, le temps que tout se calme dans mon esprit. Je m'allonge. Ne pense à rien. Puis à tout à la fois. Je me pose des questions. Je songe. Le sommeil m'enveloppe peu à peu, Morphée m'embrasse m'embrasse sur le coin des lèvres. Ce n'est qu'en état de demi-conscience que je sens le choc derrière la tête, et, dans un dernier regard, voit la silhouette noir repartir.

Ils ne me veulent pas de bien.

Le mal les habite.

Traverse leurs entrailles.

Coule dans leurs veines.

La folie habite leur coeur.

Je nage dans une piscine d'horreur...

Et de souvenirs...

(à suivre...)


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est de (c) Fred Hedin.