jeudi 15 février 2018

Des poings dans le ventre de Bruno Desmares

Auteur : Bruno Desmares 

Maison d'édition : Le Rouergue

Collection : Doado 

Nombre de pages : 80 pages

Année de sortie : 2017










Au collège, Blaise laisse parler ses poings : « Ba-Ba-Bam ». Et quand il finit par être viré, cette violence se répand dans les rues et jusqu’à chez lui. Mais au-delà du délinquant, Blaise est aussi un adolescent torturé, poursuivi sans relâche par ses angoisses et sa colère.

Ce livre avait énormément fait parler de lui début décembre, et pour cause : il est le lauréat de la pépite 2017 dans la catégorie roman. Le titre ainsi que la couverture m'avait déjà énormément intrigué lorsque j'ai pu l'apercevoir en salon ou sur différents blogs. Il ne m'en a pas fallu plus pour l'acheter et dévorer les 80 pages qui le composent. Et quel voyage époustouflant !




Cette chronique risque d'être un peu brouillon. Il y a de fortes chances que je me confonde dans mes propos et que je me répète, mais il y a beaucoup de choses à dire sur ce roman, des observations, contestations, arguments,  qui se rejoignent et se font face à la fois. On peut en déduire des choses et d'autres, faire des parallèles avec en conclusion plusieurs interprétations possibles des éléments et de l'intrigue.

L'intrigue, c'est lui. Cet adolescent prénommé Blaise, scolarisé en troisième, qui ne s'exprime que par la violence, la haine, les coups. Blaise est un personnage, que dis-je, un jeune homme, à la fois très éloigné et très proche du lecteur. Le récit est à la deuxième personne. Il s'agit là d'un élément clé de l'histoire, et l'une des choses qui fait qu'elle est un OVNI. Mais j'y reviendrais plus en détail par la suite. Le lecteur entretient une relation étroite et compliquée avec ce dernier. En effet, nous sommes à la fois très proche de Blaise, puisque l'on suit le cours de ses pensées, mais il reste très éloigné de nous, très mystérieux. C'est quelqu'un de très détaillé, très recherché et très complexe. Il est souvent imprévisible, aussi bien pour les autres personnages du livre que pour nous. Le voir dans son quotidien, au cours de ses montées de violence nous rend nerveux, j'ai vraiment eu la sensation d'être vulnérable, comme si c'était moi que Blaise voulait toucher avant tout. Je pense que c'est aussi un des souhaits de Benjamin Desmares avec ce bouquin : aborder ce sujet de la violence presque ordinaire, ce qui représente le quotidien de beaucoup d'adolescents à l'heure actuelle. Je m'étais d'ailleurs fait cette réflexion avec un roman (bien que je n'ai pas le titre en tête), qui nous offrait lui-aussi une base de réflexion, comme un support à partir duquel le lecteur peut faire un bout de chemin seul et aller plus loin dans la réflexion offerte. C'est un peu la même chose avec ce livre, je crois.  Je pense d'ailleurs que l'on peut expliquer l'attitude de Blaise, et par la même occasion de tous ces jeunes dont on parle sûrement trop peu souvent. Mais ce livre est bien plus qu'une simple base de réflexion sur un sujet précis. Beaucoup plus.


Cette narration et ce personnage de Blaise contribuent tous deux à instaurer une ambiance qui nous transporte dès que l'on déchiffre les premières phrases. En effet, on retrouve pas mal de sous entendu, de jolies figures de style dans ce livre malgré la violence de son principal protagoniste. Cela rend encore plus riche la forme du livre, tout en apportant quelque chose en plus, comme une sorte de poésie. Je trouve que ce livre, de part son format et tout ce qui s'en suit, est fait pour être relu, à la manière du "Petit Prince" de Saint-Exupéry. On retrouve des éléments dans ce texte qui seront selon moi compris d'une manière totalement différente en fonction de l'état d'esprit, de l'âge et du contexte dans lequel vous découvrez cette oeuvre. Et encore aujourd'hui, plusieurs jours après avoir terminé ma lecture, je me pose des questions à son sujet, qui resteront sans doute sans réponse jusqu'à une nouvelle lecture. C'est aussi là une des forces de ce bouquin très particulier, qui sort des sentiers battus de ce que l'on peut trouver en littérature adolescente à l'heure actuelle.


Pour finir, j'aimerais parler d'un autre gros point concernant le bouquin de Benjamin Desmares : la narration. Il s'agit là de quelque chose que je n'avais encore jamais lu jusqu'à présent, à savoir le récit à la deuxième personne du singulier. C'est sans doute la chose qui m'a le plus surpris avec "Des poings dans le ventre". Blaise, qui s'adresse à lui-même. Même si l'on fait bien face à une originalité, c'est finalement comme ça que l'on fonctionne. On s'adresse chacun à soi, chaque jour, chaque heure, chaque minute. Benjamin Desmares n'a pas choisit la facilité en utilisant cette forme narrative, mais il s'en sort à merveille, puisque l'on plonge totalement dans la peau d'un personnage qu'on connaît si bien et si mal à la fois. Qui se connaît lui-même si mal et si bien à la fois.


J'ai eu beaucoup de mal avec cette critique, mais je crois avoir réussi à vous exposer mes idées au mieux, mais si elles restent à l'heure actuelle confuse, tout comme cette lecture d'ailleurs, qui laisse là beaucoup d'hypothèses et de questions sans réponses. Mais je crois que c'est une bonne chose. C'est en tout cas une oeuvre que je vous recommande fortement, pour son caractère singulier, ce qu'elle apporte et les portes de la littérature adolescente qu'elle ouvre. 

lundi 5 février 2018

L'atelier d'écriture n°293 de Leiloona : L'inverse et son contraire

C'est un petit coin de verdure, perdu dans une prairie reculée, en dehors de toute réalité, comme aux confins de l'univers tout entier. L'eau turquoise de la ronde emplie de liquide se reflète dans le soleil chauffant de l'été, dans les étoiles perçantes de l'obscurité de la nuit. Le bateau, sa cabine de bois et ses barreaux rouillés complètent un paysage d'évasion et de confinement, de simplicité et de complexité. Les saules pleureurs jouant avec la douce brise, hurlant et chuchotant une mélodie brute et douce, abritent une grange délabrée, spectatrice du temps qui passe, des nuages qui défilent et des flocons qui tombent.

Somptueux. Magique. Sombre. Tragique. L'inverse et son contraire.

 
Les hommes qui s'aventurent au devant les jardins tracés de mains humaines, au delà des chemins écrits par la civilisation, par-dessus l'horizon, quelque part entre les étoiles et l'étroitesse du monde, se retrouvent en ce même lieu. Ce lieu, tableau idéal aux courbes précises et floues, s'offre alors aux regards, en bougeant finement sa silhouette cancre et sage, qui sait s'attirer les désirs de ces messieurs, se déshabiller pour mieux être contemplé. Ou se cacher. On ne voudrait, ni ne pourrait, troubler la quiétude d'un cocon si jalousement dissimulé.

Somptueux. Magique. Sombre. Tragique. L'inverse et son contraire.

Quelqu'un s'en est approché un jour. Insouciant et souriant, comme chacun devrait voir la vie qui déroule son tapis de quotidien sous ses pattes. Il s'est baigné dans l'ondé, nu, toute une après-midi. Quelques paroles décousues échangées pour lui-même. Des éclaboussures, des éclats de rire joyeux. Pris en flagrant délit par le vieux peintre, gardien des lieux. Un tableau tout en nuances, fond coloré, corps noir et blanc. Jamais personne ne pourra le contempler, à moins d'être assez courageux pour ouvrir les trappes du navire échoué. Qui se repose là depuis des siècles, et qui garde en son sein, le rêve et le cauchemar de l'homme, en une simple feuille tissée de couleurs.


Somptueux. Magique. Sombre. Tragique. L'inverse et son contraire.


Les âmes perdues, artistes, poètes, peintres, photographes, se perdent en contemplation devant le petit coin, non seulement avec les yeux, mais avec la peau, le touché, l'esprit. Certains s'enfuient, d'autres crèchent des jours durant dans la vieille grange spectatrice. Pour son plus grand bonheur. Ici, c'est aussi là-bas, et partout ailleurs. Le contraste le plus clairsemé de nos esprits, la face cachée de l'âme, le côté clair du coeur. Les saules pleureurs camouflent le regard indiscret de la face cachée de la lune sur l'oeil du lac. Les émotions s'échangent et se croisent dans ce carrefour à sensation. Ici, c'est aussi là-bas et partout ailleurs. Un jour, on a taillé sur la porte de la grange :


Somptueux. Magique. Sombre. Tragique. L'inverse et son contraire.



Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est de (c) Caroline Morant. 

lundi 8 janvier 2018

L'atelier d'écriture n°289 de Leiloona : Les quatre militaires et l'épreuve du lac

Il était une fois, dans un ciel empli d'une sombre brume, un avion tacheté de toutes sortes de nuances vertes et kakis. A l'intérieur de ce dernier se trouvait quatre militaires au caractère fort différent les uns des autres. Le premier était une montagne de muscle, un égo digne de Zeus mais sans le moindre esprit. Le second était son contraire : conçu avec une grande habileté intellectuelle, mais sans le moindre centimètre de muscle. Toutefois, son égo était tout à fait équivalent à celui du Musclé. Les deux derniers, quant à eux, étaient des jumeaux n'ayant aucune de ces deux aptitudes, ainsi qu'un fort déficit de confiance en leurs capacités. Aucun de ces quatre personnages n'étaient l'homme parfait, vous l'aurez fort bien deviné.

Après quelques minutes à perforer les nuages de cotons, l'appareil arriva au-dessus d'un grand lac aux formes abstraites, dont la teinte de l'eau ne laissait présager aucun doute quant à sa composition. Une sirène retentit dans l'habitacle. A ce signal, les quatre hommes sautèrent un par un, le Musclé en tête de course, les Jumeaux à la traîne, la mine maussade.


Le Musclé, galvanisé par la douce claque de la bise sur ses muscles imposants, décida de retarder au maximum l'ouverture vitale de son parachute. Trop, malheureusement. Il s'écrasa, tête la première dans le tronc d'un chaîne massif. Le bruit fit frémir la forêt complète.


Le vent était mauvais en ce jour. Rapidement, le petit corps frêle de l'intelligent fût dévier de la trajectoire escomptée. Sans paniquer, il ouvrit son parachute mauve, puis réussi sans grand mal à se diriger grâce aux cordes situés de part et d'autre de ses épaules. Malheureusement, à quelques dizaines de mètre de la piste qui était destinée à son atterrissage, le parachute fût victime d'une terrible bourrasque, ce qui eut non seulement pour effet de faire remonter le petit corps de l'Intelligent dans le ciel, mais également de le précipiter au coeur du Lac. Pour finir, une sorte d'énorme serpent aquatique apparût à la surface calme de l'eau. Il n'eut qu'à cueillir le petit homme dans sa gueule.


Les deux jumeaux vomirent tripes et boyaux durant la chute libre. Après le déploiement de leur parachute, ils finirent leur course dans le chêne amoché par le Musclé. A cette vue sordide, une nouvelle remontée acide de chacun se fit entendre. Ensuite ? Et bien, il attendirent plusieurs minutes que les toiles rendent leur dernier soupir dans un grand bruit de déchirement. Le premier aida le second, qui était encore plus empoté. Finalement, il réussirent à atteindre l'objectif au dernier moment. Ce sont les seuls survivants de cette avion tacheté de toutes sorte de nuances vertes et kakis.



La morale de cette histoire me demanderez-vous ? Eh bien... Elle m'a l'air simple non ? Mais toutefois, je vous laisse soin de l'écrire en commentaire, je suis curieux ! 


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par (c) CC0. 

dimanche 31 décembre 2017

Bilan de l'année 2017

Bonjour  à tous ! On se retrouve aujourd'hui pour un bilan de l'année 2017 concernant le blog et mes lectures ! En cette période de fête, et étant donné que je n'avais pas fait quelque chose de comparable auparavant, je me suis dit que ce serait une bonne idée pour conclure cette année sur une belle touche ! Allons-y !

1. Le blog
Je suis à la fois très content et un peu frustré de mon travail sur le blog. Depuis mon arrivée sur ce nouvel hébergeur, je suis très content de la qualité et de l'habillage du site (même si je commence à avoir quelques envies de changement à présent). J'ai pu améliorer l'écriture et la mise en forme de mes chroniques et de mes ateliers d'écritures, rendre l'aspect visuel général plus joli (et sans pub) avec des couleurs plus épurées et une bannière plutôt humoristique. Je crois que j'ai enfin trouvé quelque chose qui me correspond mieux, même si cela va forcément évoluer au fil de temps. Je pense que l'évolution du blog en 2018 va beaucoup passer sur des modifications de bannière, d'arrière-plan ou l’apparition de petits montages photos pour embellir mes différents posts !

Voilà pour la forme. Concernant le fond, je suis également assez heureux, puisque je crois que j'ai réussi à publier des chroniques pas trop mauvaises dans l'ensemble. Certaines sont évidemment meilleures et plus détaillées que d'autres, mais je crois que j'ai toujours réussi à donner avec précision et avec vérité mon ressenti sur chacune de mes lectures. Toutefois, et c'est là l'un de mes motifs de "doute", si je peux dire ainsi, j'ai parfois eu la sensation de me répéter dans mes chroniques, et qu'aucune d'entre elles ne sortent réellement du lot. Après réflexion et quelques questions à mes proches, je crois que ce n'est pas encore tellement redondant. N'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez en commentaire ! Du côté des ateliers d'écriture, j'ai assez vite compris qu'il fallait mieux proposer des textes un peu moins réguliers mais plus travaillés. Ainsi, ils sont peut-être moins réguliers, mais je suis à présent plus content de mes écrits. Enfin, pour les tableaux du samedi, je pense revenir au format questions/réponses à l'avenir, ça me plaisait bien !

Pour les points négatifs, il y a vraiment une chose qui ressort, je crois. J'ai passé beaucoup de temps à travailler sur mon site cette année, mais ce fût vraiment en dent de scie. J'ai pu être omniprésent à une période, puis complètement absent pendant quelques temps par la suite. Malgré un emploi du temps plutôt chargé avec les études, je vais essayer de corriger cela, car le blogging représente réellement une grande part de ma vie, et ce depuis 2013 tout de même, et ne pas écrire régulièrement me manque vraiment...

2. Lectures
Je n'ai vraiment pas beaucoup lu cette année. Une trentaine de bouquins lus, je compte 32 critiques cette année sur le blog. Aucune déception majeure, beaucoup d'excellentes lectures, pas mal de coups de coeur. Mon principal défaut a été je crois de ne pas sortir de ma zone de confort avec plus de romans issus de l'imaginaire (fantastique, SF, fantasy) comme j'avais pu le faire en 2016 avec des livres comme "Les Outrepasseurs" et "Le Paris des Merveilles". Pourtant, ce n'est pas faute d'en avoir dans ma pile à lire.  Ensuite, il y a énormément de nuances en fonction des périodes et des livres lus. Par exemple, j'ai fini un roman comme Eleonor & Park en 2-3 jours alors qu'un livre comme "Le Paris des Merveilles tome 2" (malheureusement non chroniqué) a été lu en plusieurs semaines. Tout dépend de l'emploi du temps autour et de notre envie de lecture au moment donné. Je suis parfois resté plus d'une semaine sans toucher un bouquin. Malgré ça, il y a des lectures. Et d'excellentes, d'autant plus ! Petites listes des meilleurs bouquins que j'ai pu découvrir cette année (liste non-exhaustive et non classée) : 

Le coeur des Louves  de Stéphane Servant
Sirius de Stéphane Servant
Colorado Train de Thibault Vermot
Les Cancres de Rousseau d'Insa Sané
Marquise de Joanne Richoux
Eleanor & Park de Rainbow Rowell
La Drôle de vie de Bibow Bradley d'Axl Cendres
Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot
Gloria de Martine Pouchain


Malheureusement, cela ne fait pas 10, mais j'espère que le compte sera bon l'année prochaine ! 

3. La suite
Enfin, merci à vous tous pour cette formidable année. J'ai pu vivre des choses exceptionnelles, rencontrer des personnes exceptionnelles grâce à vous, qui lisez mes publications. Montreuil, le livre sur la place... Merci avant tout, et pour tout. Quelques surprises à venir... Vous commencez à me connaître non ? ;-)

samedi 23 décembre 2017

Le tableau du samedi de Lady Marianne : La Boda de Francisco de Goya, un tableau de transition

Le principe ?
On évoque en quelques mots un tableau, pourquoi il nous émeut, nous inspire, nous intrigue. On ajoute aussi quelques lignes sur l'artiste bien entendu. Et le tour est joué.




Francisco de Goya est un peintre espagnol, né le 30 mars 1746 à Fuendetodos, en Espagne. Durant sa vie, il peignit des peintures murales, des dessins, des gravures et des peintures de chevalet. Peintre très important du néo-classicisme, il fût l'un des précurseurs du romantisme. Il meurt en 1828 à Bordeaux.



Ca fait un petit moment que je cherche un tableau qui m'intéresserait assez pour que je vous le présente aujourd'hui. Et puis, en Espagnol, nouvelle séquence : un tableau du peintre Francisco de Goya, que nous connaissons notamment pour son tableau très célèbre Tres de Mayo. Celui que je vous présente aujourd'hui se nomme "La Boda" ou "Le mariage" en français. Il a été peint en 1791, il s'agit donc de l'un des premiers tableaux connu du peintre espagnol. Il devait à l'origine orné un bureau de Charles IV dans le palais de l'Escurial. Il est l'un des tableaux destinés au roi le plus connu.


Ce tableau est finalement la parfaite transition entre ce que va faire Goya par la suite, c'est-à-dire des tableaux plus dénonciateurs,  et les tableaux avec un aspect plus religieux qu'il peignait par le passé, avec des tableaux comme "La Gloire". Concrètement, on retrouve dans cette oeuvre une gamme de couleurs qui n'est pas sans rappeler celles de grandes fresques religieuses, dans des églises ou autres édifices. Mais si on regarde de plus près, on remarque que les visages des principaux personnages (à savoir la et le marié) sont assez "moches" à la limite de la caricature. On retrouve là une marque du futur peintre qui dénoncera les injustices à travers ses tableaux. Dans celui-ci, la scène est un mariage, que l'on devine forcé de part l'expression de la jeune épouse et de certains spectateurs de la cérémonie. On peut aussi voir que le tableau pourrait se lire telle une ligne dans un roman, avec un côté gauche beaucoup plus joyeux et gai, symbolisé par ces enfants qui sont en train de chanter et danser, qui contraste drôlement avec un côté droit beaucoup plus sombre, où des personnages d'un certains âges assistent avec une mine renfrognée à cette union. On peut ainsi en conclure qu'il s'agit de membres de la famille du marié, plus riche et hautain, puisque cette famille est fortement désavantagée pour ce mariage, qui ne servira qu'à enrichir la famille de la mariée. Je crois que Francisco de Goya a désiré avec cette oeuvre, dénoncer le procédé de mariage religieux de l'époque. C'est en tout cas ce qui se dégage pour moi de cette oeuvre, que je prends toujours un grand plaisir à regarder, puisque je pense que vous me savez grand fan des tableaux avec beaucoup d'éléments et de détails cachés. Je crois que je vais faire deux autres billets concernant Francisco de Goya, pour voir son évolution artistique. A suivre donc ! 

Le lien du blog de Lady Marianne ici

mercredi 20 décembre 2017

Le copain de la fille du tueur de Vincent Villeminot




Auteur : Vincent Villeminot 

Maison d'édition : Nathan 

Nombre de pages : 264 pages 

Année de sortie : 2016 




Résumé : Charles vient d’intégrer un internat pour « gosses de riches », perdu au cœur des montagnes suisses. Avec Touk-E, son coloc, ils tuent le temps comme ils peuvent, allumant fausses révolutions et vrais incendies … jusqu’à l’arrivée de Selma. Elle est mystérieuse, solaire, solitaire… et fille d’un trafiquant de drogue en cavale.

Introduction : Qu'on se le dise tout de suite, j'adore Vincent Villeminot. Vraiment beaucoup, même si je suis loin d'avoir dévoré la totalité de son énorme bibliographie. Ça a commencé par Réseau(x), puis U4 Stéphane et Samedi 14 Novembre. Trois excellentes lectures. 2 rencontres lors de salons. Et ce petit dernier, ce "Copain de la fille du tueur". Et une fois de plus, Mr. Villeminot frappe là où on ne l'attend pas.

Commentaire : Rien qu'à la quatrième de couverture, on pouvait s'attendre à ce genre de personnage que sont Touk-E et Charles. Des bourgeois, tellement bourgeois qu'on a très vite la sensation que rien ne leur est impossible ou inobtenable, si bien que ça en devient drôle. On pourrait les prendre pour de simples stéréotypes du gros riche qui se croit tout permis, ce qui représente une vraie face de leur personnalité, avec les préoccupations liées à cette classe sociale. Mais derrière ceci se cache quelque chose en plus, une réelle personnalité et de réelles réflexions pour chacun. Eux qui pourraient paraître et se prendre pour des personnes supérieures ne le sont vraiment pas, et le lecteur à l'occasion de s'en rendre compte à plusieurs reprises tout au long du livre. Eux aussi on des doutes, de la tristesse, de la colère, etc... Ainsi, je me suis senti extrêmement éloigné et extrêmement proche d'eux durant ma lecture. Charles comme Touk-E ont, tous les deux, une vision de la vie, du monde actuel, de l'économie, de la politique assez poussée mais assez similaire, j'ai d'ailleurs eu parfois du mal à les suivre tellement certaines réflexions sont complexes et poussées à la fois. Je pense que cet effet assez contrasté entre le stéréotype, la réalité, la lucidité des deux personnages était voulu par Vincent Villeminot, qui voulait peut-être dénoncer certaines choses ou au contraire  décrédibiliser les plus aisés.

Mais comment vous parlez de ce livre sans vous parler de Selma ?! Quelle fille... Honnêtement, elle est l'un des meilleurs personnages féminins que j'ai eu l'occasion de découvrir (aux côtés de Hama, Eleanor, Fidèle...). C'est simple, avec les descriptions offertes à la première personne par un Charles complètement sous le charme de la belle latina, que l'on s'imagine forcément (en tant que garçon) notre idéal féminin. Selma est donc une fille déterminée, qui possède un sacré caractère mais, à la manière de ses amis masculins, elle cache derrière cela tout un tas de sentiments et de secrets que le lecteur découvre au fur et à mesure de sa lecture. Je trouve par contre que cet aspect du personnage est beaucoup plus exploité chez Selma, étant donné qu'elle arrive en cours de livre, et qu'il faut apprendre à la connaître au fur et à mesure. Très bon point côté personnage !

Je vous parlais plus haut de contraste et d'apprendre à connaître Selma, et bien c'est ici que je vais développer plus en détail encore ces points. Tout d'abord, quand j'ai pris connaissance de cette parution, j'ai été très étonné de découvrir qu'il s'agirait d'une histoire d'amour, mais, Vincent Villeminot ne m'ayant jamais déçu jusqu'à présent et connaissant sa capacité à s'adapter à tous les genres, je lui ai fait confiance. Et j'ai bien fait ! En effet, au coeur des pensées de Charles, j'ai vraiment été transporté à ces côtés du début à la fin du roman. Avec ce livre, le romancier s'attaque à l'Amour, avec un grand A. Ça contraste énormément avec ce que j'avais pu lire de lui auparavant, même si l'on retrouve des bribes de ce vaste thème dans ses précédentes oeuvres justement. Là, on s'y attaque de front, et on s'y croit réellement, comme pour un film au cinéma. Vincent Villeminot a très bien su reproduire les différentes étapes d'une "mise en couple" tout en rendant cette histoire absolument unique et merveilleuse, de part son contexte, ses causes et ses conséquences. Et on retrouve encore cette notion de contraste puisque l'on retrouve ainsi une histoire d'amour qui pourrait paraître "normale" alors que c'est tellement plus que cela.
C'est une lecture qui donne la pêche, le sourire, et pas seulement face aux bêtises de Touk-E, mais aussi pour les émotions que dégage l'amour de Charles et de Selma, qui est bien complexe et bien plus belle qu'en apparence. Et le contraste (eh oui encore et toujours), ne se retrouve pas seulement au sein de cette formation de couple. Après le fond, c'est aussi dans la forme que l'on retrouve des nuances. En effet, l'auteur nous embarque dans un récit poétique d'une vingtaine de pages qui nous monte sur un petit nuage, pour ensuite nous faire chuter au coeur d'action et de suspens à couper le souffle. Beaucoup, beaucoup de surprises au programme de cette lecture, je pense que vous l'aurez compris.


Je connaissais un Vincent Villeminot capable de m'embarquer dans des road-trip endiablés, dans des scènes d'aventures qui font battre le coeur du lecteur, mais j'ai eu aujourd'hui une grande démonstration de la qualité de son texte au niveau des descriptions et de la poésie que peuvent dégager ses lignes. Je pense que les personnes l'ayant déjà lu sauront de quoi je parle, mais je tiens à lui tirer mon chapeau. Prochaine étape, "Les Pluies" que j'espère pouvoir découvrir dans les mois à venir.

Un livre riche en rebondissements, en surprise, qui m'émerveille. Il plaira aux jeunes de 13 à 18 ans !

samedi 16 décembre 2017

Lancement de la page facebook du blog !

Bonjour à tous ! Aujourd'hui, j'ai une grande annonce à vous faire. Cela fait maintenant plusieurs mois que je réfléchis à ce projet, pour pousser en quelque sorte encore plus loin le blog et vous faire partager mes passions. J'ai donc créer la page facebook officielle du blog ! J'y partage régulièrement des photos, des articles de presse, des news, les avancées dans la rédaction du blog et dans mes lectures. C'est pour moi une évolution logique dans cette aventure lancée il y a 4 ans maintenant, dont une année passée sur cette nouvelle plateforme, et aussi une occasion de vous remercier pour cette formidable aventure que je vis chaque jour grâce au blog ! N'hésitez pas à la liker et à vous abonner, vous pouvez la retrouver juste ici. à me proposer des idées de publications ou à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires de ce post !