mercredi 26 juillet 2017

Un nouveau partenaire : les éditions le Jardin des Mots !

Bonjour à tous, je vous écris aujourd'hui pour vous annoncer un nouveau partenariat sur le blog ! Il s'agit de la maison d'édition "Le Jardin des Mots" qui est spécialisée dans l'art du conte et de la parole !

En effet, c'est un partenariat qui va me faire sortir de ma zone de confort, sans aucun doute. Mais j'aime ça. Je vais pouvoir ainsi diversifier mon contenu sur le blog, et cela ne peut être bénéfique que pour vous, lecteurs !


Je pense qu'il y aura des interviews en bonus, car le conte est un univers qui m'intéresse énormément, notamment sur le côté de la mise en voix par les conteurs. Je vous en reparlerais très vite.
Les deux premiers services de presse ont bien été reçus, je suis ravi !


Je vous en redis plus très vite, et encore merci à eux de m'avoir contacté, je suis très heureux de pouvoir découvrir cet univers !

La pouilleuse de Clémentine Beauvais



Auteure : Clémentine Beauvais

Maison d'édition : Sarbacane

Nombre de pages : 112 pages

Année de sortie : 2012





Résumé : Élèves de seconde dans le 7e arrondissement de Paris, David, Élise, Anne-Laure, Florian et Gonzague décident, comme souvent, de sécher les cours. Mais cette fois, ils kidnappent une fillette, sur un coup de tête, à l'entrée de la piscine municipale. Dans le huis clos du studio chic de Gonzague, ils commencent à la malmener, d'abord verbalement, puis physiquement, franchissant une à une les limites. Toutes ?

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane et plus particulièrement Clémentine Beauvais pour cet envoi !


Pour mettre les choses au clair, il faut savoir que ce roman m'a été envoyé suite à une discussion que j'ai pu avoir avec son auteure au Livre Sur La Place, qui est d'ailleurs extrêmement sympathique, je la remercie encore.


Pour vous remettre rapidement dans le contexte, ce roman, publié chez Sarbacane en 2012, est peut-être un peu passé à côté d'un succès qu'il aurait mérité, car, à l'instar de la plupart des romans de la collection Exprim', il dégage un message fort et intéressant pour le lecteur.


Commentaire :
Déjà, je pense que vous l'aurez remarqué dans le résumé, les sept personnages principaux de cette histoire, sont tous des anti-héros, comme on les appelle. On les déteste, et, souvent, on finit par s'attacher tout de même à eux. Là, impossible. Excepté peut-être un ou deux, ce sont des ados pourris jusqu’à la moelle, et je retiens mes mots. Malgré tous les antécédents et les excuses qu'on pourrait leur trouver, Clémentine Beauvais a vraiment su illustrer parfaitement tous les types d'adolescents capables de réaliser un pareil acte, du frustré de la vie, celui qui a des idées reçus et une opinion bien tranchée (tout le monde aura compris que je parle ici des idées racistes), celle qui cherche à faire son intéressante et celui qui suit la majorité, tout y est. Le lecteur suit le déroulé du livre à travers le point de vue de l'un des personnages. Je ne dévoilerais en aucun cas lequel, mais c'est peut-être celui que je décrirais comme mon favoris, si je devais en choisir un, car il est influençable, c'est un suiveur. Malgré ça, il n'a tout de même rien fait pour arrêter le reste du groupe, pour moi il est donc quand même un sacré pourri.


A travers cette histoire, Clémentine Beauvais nous montre avant comment une bande d'adolescents peut-être un peu inconscients des conséquences décident de perpétrer un tel acte. Elle montre aussi qu'il peut ne pas forcément y avoir une raison ou un mobile à cela. Je trouve qu'avec ce qui se passes en ce moment dans notre actualité et dans le monde, de lire un livre pareil,  nous montre idéalement bien le processus et les pensées traversant un tel groupe. Je nommerais cela l'effet domino, car un petit détail et la cause d'événements qui sont là en l'occurrence plutôt très graves. Ah oui, rassurez-vous, ce livre n'est pas aussi violent que pourrait laisser le croire le résumé. Je crois que la volonté de son auteure était avant tout de démontrer et d'interpeller le lecteur sur ce sujet qui est toujours d'actualité, et plus encore qu'il y a cinq ans. Ce roman est d'après moi un élément essentiel d'une réflexion pour le lecteur à propos de ces actes de kidnapping qui ne sont pas si rares finalement, c'est en tout cas le constat que j'ai pu faire avec mes recherches d'après lecture.


Comme répété plus haut, cette histoire se passe d'un point de vue interne. On retrouve donc un langage parfois plutôt cru, notamment dans les idées que certains veulent transmettre. Là aussi, tout est fait pour nous percuter. Ce livre est le second que je lis de Clémentine Beauvais, et je remarque que celle-ci sait vraiment adapter et modifier son style en fonction de l'histoire qu'elle veut conter et des émotions qu'elle désire transmettre. Après avoir découvert Songe à la Douceur, qui était d'une délicieuse et poétique délicatesse, je retrouve là la romancière dans un exercice de percussion constant sur son lecteur, et cela lui réussi aussi bien.


La pouilleuse est pour moi un livre qu'il faut mettre entre les mains des jeunes à partir de douze ans, car il traite d'un sujet considéré comme tabou, et il pose énormément de questions à ce propos. Comme martelé plus tôt, il est surtout une démonstration d'un acte qui va parfois beaucoup plus loin dans la gravité. C'est donc important de le découvrir, et ce à tout âge.

samedi 8 juillet 2017

Appuyez sur étoile de Sabrina Bensalah

Auteure : Sabrina Bensalah

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 224 pages

Année de sortie : 2017






Résumé : Quelques saisons ? Quelques mois ? Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant « d’appuyer sur Étoile ». La maladie est revenue, et ça fait peur.
Mais Avril est prête à tout pour tenter de rendre les derniers jours de sa mémé plus beaux, moins durs. Il faut dire que mémé, ce n’est pas le genre chandail & tisane. Elle a passé sa vie dans les lumières tamisées d’un bar à champagne ; elle a chanté, dansé, aimé plus que d’autres en mille vies ; alors, pas question pour elle de mourir les yeux rivés sur un plafond blanc !
Un jour, à l’hôpital, elle expose son rêve à Avril : s’éteindre tout en haut d’une montagne, près des étoiles. Assez près pour les toucher. Projet fou ? Impossible ? Sauf qu’Avril a justement l’énergie qui déplace les montagnes. La Mort gagnera sans doute, à la fin ; mais elle a affaire à deux sacrées combattantes.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Je pense que vous aurez remarqué que je suis friand des histoires basées sur une relation, qu'elle soit familiale (ce qui est le cas de celle-là), d'amour (Songe à la douceur, Tant que nous sommes vivants) ou encore d'amitié (Et je danse aussi, la folle rencontre de Flora et Max). Je trouve que ce genre de livre nous transmet des sentiments inattendus, on en apprend plus sur la personnalité des personnages, on a cette impression qu'ils sont réels, on pourrait presque les toucher... Mais on en apprend beaucoup plus sur nous-même, également. On s'identifie aux protagonistes de la relation qui nous est contée. La plupart du temps, on ressort marqué au fer rouge par ce genre romanesque.

Avec cette longue introduction, mon but est avant tout de vous montrer les pensées qui m'ont traversé à la lecture de ce résumé. Vous comprendrez donc que je n'avais d'autre choix que de le demander, puis le lire pour vous en faire la chronique !

Commentaire : Comme lu plus haut, ce livre est centré sur deux personnages. Parlons de mémé, pour commencer. Touchant est, je crois, le maître mot qui pourrait décrire ce personnage. Je pense que vous avez dû remarquer tout la sympathie que j'éprouve à l'égard des "petites vieilles" lors de mes lectures (Tante Emma dans "Là où tombent les anges" par exemple). Mémé ne fait exception à la règle. Celle-ci a eu une vie bien remplie et originale, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais sa mort aussi, elle la désire unique. J'ai été ému par ce personnage humble, émouvant, drôle parfois. Mémé est une vieille comme on les aime. Avec de la répartie, de la joie de vivre, toujours partante pour n'importe quoi, tant qu'elle s'amuse ! Elle m'a vraiment collé un sourire béant durant toute la durée de ma lecture. On l'imagine facilement, serrant les joues de sa petite Alice, lui disant qu'elle ira loin dans la vie, ou buvant et fumant avec ses anciennes collègues et amies. Ses cheveux blancs ne lui ont en rien retirer son âme de jeune femme qui profite de sa vie comme on croquerait à pleines dents dans une pomme. La jeune justement, dans ce livre, se nomme Avril. Pleine d'ambition et de fraîcheur, cette dernière coiffe des petits vieux à domicile, même si elle se rêve à un avenir radieux dans ce milieu. Elle aussi, croque la vie à pleine dent, comme elle vient. J'ai également adoré ce personnage haut en couleurs, auquel le lecteur ne peut que s'attacher. Appuyez sur Etoile, c'est avant tout deux personnages uniques, attachants, émouvants, drôles, qui se complètent et se ressemblent malgré une grande différence d'âge.

Cette histoire met en avant plusieurs sujets différents, qui méritent réflexion. Premièrement, les relations inter-générationnelles. Sabrina Bensalah nous montre ainsi les échanges que peuvent avoir un adolescent et son grand-parent, et à quel point ce dernier peut compter dans la construction mentale et plus généralement dans la vie de personnes comme Avril. Ce roman met aussi en évidence les difficultés à accepter la mort de quelqu'un, aussi bien pour les proches que pour la victime. Chaque lecteur ressentira différemment ce point de l'histoire, en fonction de son vécu personnel, enfin je le pense. Les relations humaines, les sentiments de tristesse et de désespoir sont également abordés, tout en intelligence et en finesse. J'ai adoré la manière dont l'auteure a abordé tous ces thèmes à travers cette magnifique histoire, pleine d'amour et de tristesse à la fois. Une relation pétillante, pleine de confiance, d'admiration d'un côté comme de l'autre, voici comment on pourrait définir celle qu'entretiennent mémé et Alice. On prend un plaisir fou à les voir échanger, on rit, on a les larmes aux yeux avec elles.

Le roman est divisé en différentes parties, un peu comme les morceaux d'un album. L'auteure écrit magnifiquement bien, faisant passer le lecteur du rire aux larmes en quelques lignes seulement. C'est un des rare romans qui m'a franchement fait éclater de rire à certains moments de l'histoire. Une très belle découverte, puisque Appuyez sur étoile est le premier roman que je lis écrit par Sabrina Bensalah. Je compte en lire d'autres, car celui-ci m'a énormément plu, mais je pense que vous l'avez compris.

Pour conclure, je pense que l'on pourrait décrire cet Exprim' comme un concentré d'émotions pures, à travers une magnifique relation grand-mère - petite fille. On est subjugué, que ce soit par les personnages, l'histoire ou la plume de l'auteure. A mettre dans les mains de tout le monde à partir de 13 ans.


mercredi 5 juillet 2017

Gloria de Martine Pouchain

Auteure : Martine Pouchain

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 262 pages

Année de sortie : 2017






Résumé : Gloria, tombée enceinte trop jeune d’un prof de théâtre dont elle était follement amoureuse, a abandonné son bébé pour poursuivre son rêve de devenir une star, et partir pour Los Angeles… Sept ans plus tard, son ambition glorieuse s’est diluée dans les déconvenues et les rôles de figuration. Alors, elle décide de récupérer son enfant. Sauf que la mère adoptive n’est pas d’accord, bien sûr. Il ne reste plus à Gloria qu’à enlever Jamie et à fuir avec lui d’État en État à travers l’Ouest américain, direction le Canada. Pas si simple – d’autant que Jamie, lui, ne veut pas rester avec elle.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

De Martine Pouchain ? J'ai lu le précédent roman : Dylan Dubois. Ce que j'en retiens ? Un personnage incroyable, une aventure touchante, une plume poétique à souhait. Vous l'aurez compris, j'attendais avec impatience ce nouveau titre de Mme Pouchain. Et je préfère Gloria, de loin, très loin.

Commentaire : On ne peut que s'attacher à Gloria. On pourrait résumer le détail de ce que je vais écrire dans ce paragraphe en cette phrase. Je crois que la situation de cette dernière est très complexe, et elle nous montre à quel point un événement survenu alors qu'on était encore innocent et jeune peut influencer toute une vie. Même si cela peut paraître anodin durant notre lecture, et je ne vous le dévoilerais pas, même si on en prend connaissance dès les premières pages du livre, cet événement qui peut paraître sans importance est finalement une pièce centrale du puzzle que constitue Gloria (le livre comme le personnage). Pour tout vous dire, au début, j'avais du mal avec elle. Je la trouvais trop naïve, sûr d'elle, égocentrique parfois. Mais au final, je crois que j'ai été pris par l'aura qui se dégage d'elle, un peu comme les différents personnages qu'elle croisera durant sa cavale. Tous se sont fait la réflexion, et, après lecture, c'est vrai qu'il se dégage d'elle un certain charisme, même si elle n'a pas été épargnée par la vie.

L'histoire. Quelle histoire ! Mon dieu... Pour tout vous dire, j'adore vraiment ce genre d'histoire où le personnage bouge tout le temps, où sa situation n'est jamais la même. J'aime les road-trip. Même si ça n'en est pas vraiment un, je ne me suis jamais ennuyé. Il y a toujours des retournements de situations, des révélations, rien ne se tasse vraiment jamais. On est pris dans le truc, ce qui fait que ce livre de 224 pages se lit en réalité avec une rapidité déconcertante. Trois jours à peine pour ma part. L'histoire en elle-même est une longue prise de conscience puisque que Gloria ne se rend compte que bien plus tard de ce qu'elle a fait en abandonnant Jamie... On suit cela, on encourage Gloria dans ses choix, on la déteste parfois, mais on la suit... On est au plus près d'elle durant toute la durée de l'histoire. Cette dernière se découpe en plusieurs parties. La jeunesse, les années à Hollywood puis la prise de conscience et le kidnapping. C'est ce que je disais, il ne se passe jamais un moment sans action ou rebondissement.

La plume de Martine Pouchain est moins axée sur la poésie, mais plutôt sur les émotions, qu'elle retransmet à merveille grâce au personnage de Gloria. J'ai adoré, encore plus que Dylan Dubois, qui m'avais déjà conquis.

Gloria est un savant mélange personnage, histoire, plume  qui en séduira plus d'un ! A lire de toute urgence !


samedi 1 juillet 2017

Comme un besoin de vous parler...

Bonjour à tous ! Je vous retrouve aujourd'hui dans ce billet fait un peu sur le pouce, mais je ressentais vraiment ce besoin de vous parler plus amplement. Je tiens tout d'abord à m'excuser si tout ce que je vais vous raconter peut paraître brouillon, mais je n'ai pas du tout réfléchi à comment structurer tout ce que j'ai à vous dire... Je vais essayer d'être le plus honnête et sincère possible. Bonne lecture !

1. Le passé
Vous l'avez sûrement remarqué, mais depuis Décembre, je ne suis plus aussi assidu sur le blog... Un gros manque d'envie au départ, puis j'ai très vite été pris par les cours... J'ai eu beaucoup de mal à faire les deux cette année. Je crois que c'est la première fois que je suis confronté à ce problème sur le long terme. Les conséquences ? J'ai eu beaucoup moins de chroniques et d'écrits personnels à vous proposer, ratant parfois un mois complet d'atelier d'écriture... Des rendez-vous sont passés à la trappe (je pense au Tableau du Samedi de Lady ou à l'atelier de Ghislaine) et je n'ai pas été commenter les blogs que j'apprécie depuis un très très (trop) long moment... Par ailleurs, mon profil Babelio n'a pas été actualisé depuis plusieurs mois, même si j'ai rajouté quelques chroniques ces derniers temps... Je crois tout de même avoir réussi à faire vivre le blog toute cette année, enfin à moitié, car beaucoup moins de post sont sortis que prévu... Je tiens donc à m'excuser de cette absence qui a trop longtemps duré.

2. Le présent
A l'heure où je vous écris, nous sommes le lendemain de l'examen principal que je devais passer cette année : le brevet. Pour beaucoup, cela peut paraître dérisoire, mais tout le travail effectué autour m'à véritablement pris tous les moments propices à l'écriture. Mais tout cela est passé. Je peux à présent me concentrer sur le blog, totalement.

3. Le futur
Que je suis content d'arriver à cette partie ! Pour éviter ce qui s'est passé cette année, je vais mettre en place un planning, ou du moins les horaires auxquelles vous pourrez retrouver des nouveaux articles sur le site.

Les chroniques arriveront le mercredi à 14h30 quand j'aurais finis un livre, donc ce ne sera pas forcément tous les mercredis (je pense un mercredi sur deux).

Les ateliers d'écriture de Leiloona seront publiés quant à eux tous les lundis à 6h00 du matin. Oui j'ai bien TOUS les lundis. Pour cette nouvelle "saison" d'atelier, j'ai décidé de tenter d'écrire tous les lundis de manière à vous proposer un maximum d'histoires, de continuer ma série "Puzzle Solitaire" et de me diversifier. Je suis motivé !

Le tableau du samedi de Lady Marianne sera présent sur le site en moyenne un samedi sur deux plutôt vers 16h peut-être plus tard. Là aussi, j'ai pas mal d'idée pour essayer de rendre le rendez-vous fun et intéressant.

L'atelier de Ghislaine Quant à lui sera disponible aux horaires de l'atelier (le 1,10 et 20 du mois). Là encore, je tenterais de nouvelles choses, plus expérimentales.

Le mardi poésie de Lady Marianne sera là, mais sûrement plus rarement... Il faut que je trouve des poèmes auxquels je m’intéresse vraiment. Je vous tiendrais au courant !

Quand j'aurais le temps, j'essaierais également de partager mes lectures avec vous en rédigeant les Lundi que lisez-vous ? comme je le faisais il y a quelques temps.

Pour finir, si le sujet s'y prête, je posterais de temps en temps des Top ten Tuesday.

N'hésitez pas à commenter, on se retrouve très vite sur vos blogs ou sur celui-ci !

lundi 19 juin 2017

L'atelier d'écriture n°272 de Leiloona : Puzzle Solitaire (2) : Réveil.

Le lien du premier texte ici.





L'homme ouvre les yeux. Etalé dans une herbe fraîchement éclaboussée par la rosée matinale, il se redresse doucement, et, avec des gestes un peu gauches, s'étire lentement, faisant craquer quelques os capricieux de son jeune corps en ce début de journée. Le soleil se cache encore derrières quelques lambeaux de nuages grisâtres, mais il ne va pas tarder à se lever, l'homme en est certain. S'ébouriffant de longs cheveux bouclés dépassant très largement d'un crâne qu'il juge trop petit, ce dernier regagne d'une lente démarche la petite bagnole qui lui sert d'abri. Rien de tel qu'une petite nuit à la belle étoile, pour remplir sa caboche et rêver pensa-t-il alors qu'il s'installe sur la banquette arrière de celle qu'il se plaît à surnommer affectueusement "L'Epave". Ou plutôt cauchemarder rectifia-t-il après réflexion, se remémorant sa nuit mouvementée. S'allongeant à demi, les pieds dépassant par une fenêtre ouverte, tentative désespérée pour capturer une quelconque fraîcheur en ce début d'une journée qui s'annonce chargée. En y pensant, il lâche un soupir et commence à réciter ce qu'il devra faire un peu plus tard dans la matinée. Le coeur ensoleillé, il reste tout de même de bonne humeur, et pourrait presque s'endormir, si dans un éclair de lucidité, il parvient à rester seul maître de lui-même. Après quelques dizaines de minutes passées dans cette position, il décide de passer à l'avant, siège conducteur. Regard rapide vers l'heure. C'est qu'il a le temps, le jeune ! pensa-t-il avec un rire de satisfaction. D'un geste las, il pousse le bouton de la radio et se laisse à nouveau bercer, mais cette fois par la douce voix qui en sort :

"Pacifique... Océan Pacifique..."

Il aime ce moment, il en a besoin. La mélodie le berce, le calme, le rend plus serein pour affronter la suite. Il se sent intouchable. C'est le moment. C'est son moment. L'homme se sent invincible. Le vent le fouette par la vitre avant, ouverte elle aussi. Peu à peu, il sombre dans un état de semi-conscience. Il n'est plus que pensée. Il s'invente des tas d'histoires, où il est le protagoniste tantôt, parfois un simple figurant. Il pense à la photo, il se met en scène dans celle-ci, réfléchit sur lui, se pose des questions. Son corps n'est plus. Il n'est que pensée.


Soudainement, la musique s'interrompt. L'Epave devient silencieusement lourde. L'homme se redresse. Quelques secondes. Un grésillement. Il tressaille. Une voix se met en route. Rauque. Lente.

Ils ne me veulent pas de bien.
Le mal les habite.
Traverse leurs entrailles.
Coule dans leurs veines.
La folie habite leur coeur.
Je nage dans une piscine d'horreur...
Et de souvenirs...
Les flocons ensanglantés d'une plume torturée
Se perdent sur un sol où s'entassent des points d'interrogations
Parfois je me perds en pensée
Puis je me réveille en criant...

Le cauchemar. L'homme comprend qu'il doit y aller. Il démarre lentement, et, dans une petite larme ensanglanté, se dirige vers sa prochaine étape.

Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est libre de droit, je n'ai pas trouvé l'auteur.

dimanche 18 juin 2017

Les secrets de Brune


Auteure : Bruna Vieira

Illustratrice : Lu Caffagi

Maison d'édition : Sarbacane

Nombre de pages : 88 pages

Année de sortie : 2017



 
              
Introduction : Je tiens à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Pour tout vous avouer, je ne connaissais pas l'auteure et l'illustratrice de cet album, même si la première est une youtubeuse brésilienne assez connue (un million d'abonnés sur sa chaîne). C'est avant tout la couverture et ce visage magnifiquement bien coloré qui a attisé ma curiosité, et m'a donné envie de découvrir quel genre d'histoire cet album recelait.

Pour commencer, l'histoire en elle-même est celle d'une jeune fille nommée Brune. Celle-ci nous raconte son premier jour dans sa nouvelle école et les différents sentiments qu'elle ressent à cause de ce grand changement dans sa jeune vie.

Vous l'aurez devinez à la lecture du nom de la scénariste de cet album, cette histoire est bel est bien une biographie de Bruna, nommée Brune dans le livre. Cette dernière est un personnage charmant, très bien dessinée, mais je vais y revenir. La scénariste arrive bien à nous transmettre les émotions et les sentiments que l'on ressent lorsqu'un grand changement intervient dans notre vie, et encore plus à cette âge. Elle nous montre les doutes, les peurs, les craintes et tout ce que peut engendrer ce changement d'école. Ce livre touchera vraiment les enfants étant en école primaire je pense, c'est sans aucun doute le public visé, car c'est eux qui arriveront le mieux à s'identifier à Brune. C'est une oeuvre qui les fera réfléchir, sans aucun doute !

Il y a beaucoup de références à la culture littéraire brésilienne, puisque Bruna Vieira a donné à chacune des planches le titre d'un roman connu (pas seulement brésilien !) ou fait un clin d'oeil à des classiques littéraires en tout genre. Je trouve juste, et ce sera le seul petit défaut que je formulerais, que parfois le tout est un peu "brouillon". J'ai parfois eu du mal à me situer dans l'histoire, à comprendre dans quel direction l'auteure voulait amener son personnage. Mais cela reste tout de même assez rare, et après une ou deux relectures de la planche, on comprend un peu mieux.
Pour finir, comment vous parler de cette oeuvre sans évoquer les illustrations réalisées par Lu Caffagi. J'ai adoré les contempler. Je suppose (mais je ne suis absolument pas sûr) que la technique utilisée est celle du pastel. Eh bien... Quel travail ! Je n'en revenais pas ! Un régal pour les yeux, et je pense que vous savez à quel point les dessins comptent pour moi lorsque je découvre une BD ou quelconque oeuvre iconographique. J'ai trouvé le style fin sans être trop complexe, les couleurs sautent aux yeux, chaque lecteur appréciera ! Bravo à l'illustratrice !

C'est la seconde fois que je vous présente un album des éditions Sarbacane, et là encore, la qualité est au rendez-vous ! Bravo à la scénariste et l'illustratrice ! A mettre dans les mains des écoliers dès 8-10 ans !