lundi 19 juin 2017

L'atelier d'écriture n°272 de Leiloona : Puzzle Solitaire (2) : Réveil.

Le lien du premier texte ici.





L'homme ouvre les yeux. Etalé dans une herbe fraîchement éclaboussée par la rosée matinale, il se redresse doucement, et, avec des gestes un peu gauches, s'étire lentement, faisant craquer quelques os capricieux de son jeune corps en ce début de journée. Le soleil se cache encore derrières quelques lambeaux de nuages grisâtres, mais il ne va pas tarder à se lever, l'homme en est certain. S'ébouriffant de longs cheveux bouclés dépassant très largement d'un crâne qu'il juge trop petit, ce dernier regagne d'une lente démarche la petite bagnole qui lui sert d'abri. Rien de tel qu'une petite nuit à la belle étoile, pour remplir sa caboche et rêver pensa-t-il alors qu'il s'installe sur la banquette arrière de celle qu'il se plaît à surnommer affectueusement "L'Epave". Ou plutôt cauchemarder rectifia-t-il après réflexion, se remémorant sa nuit mouvementée. S'allongeant à demi, les pieds dépassant par une fenêtre ouverte, tentative désespérée pour capturer une quelconque fraîcheur en ce début d'une journée qui s'annonce chargée. En y pensant, il lâche un soupir et commence à réciter ce qu'il devra faire un peu plus tard dans la matinée. Le coeur ensoleillé, il reste tout de même de bonne humeur, et pourrait presque s'endormir, si dans un éclair de lucidité, il parvient à rester seul maître de lui-même. Après quelques dizaines de minutes passées dans cette position, il décide de passer à l'avant, siège conducteur. Regard rapide vers l'heure. C'est qu'il a le temps, le jeune ! pensa-t-il avec un rire de satisfaction. D'un geste las, il pousse le bouton de la radio et se laisse à nouveau bercer, mais cette fois par la douce voix qui en sort :

"Pacifique... Océan Pacifique..."

Il aime ce moment, il en a besoin. La mélodie le berce, le calme, le rend plus serein pour affronter la suite. Il se sent intouchable. C'est le moment. C'est son moment. L'homme se sent invincible. Le vent le fouette par la vitre avant, ouverte elle aussi. Peu à peu, il sombre dans un état de semi-conscience. Il n'est plus que pensée. Il s'invente des tas d'histoires, où il est le protagoniste tantôt, parfois un simple figurant. Il pense à la photo, il se met en scène dans celle-ci, réfléchit sur lui, se pose des questions. Son corps n'est plus. Il n'est que pensée.


Soudainement, la musique s'interrompt. L'Epave devient silencieusement lourde. L'homme se redresse. Quelques secondes. Un grésillement. Il tressaille. Une voix se met en route. Rauque. Lente.

Ils ne me veulent pas de bien.
Le mal les habite.
Traverse leurs entrailles.
Coule dans leurs veines.
La folie habite leur coeur.
Je nage dans une piscine d'horreur...
Et de souvenirs...
Les flocons ensanglantés d'une plume torturée
Se perdent sur un sol où s'entassent des points d'interrogations
Parfois je me perds en pensée
Puis je me réveille en criant...

Le cauchemar. L'homme comprend qu'il doit y aller. Il démarre lentement, et, dans une petite larme ensanglanté, se dirige vers sa prochaine étape.

Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est libre de droit, je n'ai pas trouvé l'auteur.

dimanche 18 juin 2017

Les secrets de Brune


Auteure : Bruna Vieira

Illustratrice : Lu Caffagi

Maison d'édition : Sarbacane

Nombre de pages : 88 pages

Année de sortie : 2017



 
              
Introduction : Je tiens à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Pour tout vous avouer, je ne connaissais pas l'auteure et l'illustratrice de cet album, même si la première est une youtubeuse brésilienne assez connue (un million d'abonnés sur sa chaîne). C'est avant tout la couverture et ce visage magnifiquement bien coloré qui a attisé ma curiosité, et m'a donné envie de découvrir quel genre d'histoire cet album recelait.

Pour commencer, l'histoire en elle-même est celle d'une jeune fille nommée Brune. Celle-ci nous raconte son premier jour dans sa nouvelle école et les différents sentiments qu'elle ressent à cause de ce grand changement dans sa jeune vie.

Vous l'aurez devinez à la lecture du nom de la scénariste de cet album, cette histoire est bel est bien une biographie de Bruna, nommée Brune dans le livre. Cette dernière est un personnage charmant, très bien dessinée, mais je vais y revenir. La scénariste arrive bien à nous transmettre les émotions et les sentiments que l'on ressent lorsqu'un grand changement intervient dans notre vie, et encore plus à cette âge. Elle nous montre les doutes, les peurs, les craintes et tout ce que peut engendrer ce changement d'école. Ce livre touchera vraiment les enfants étant en école primaire je pense, c'est sans aucun doute le public visé, car c'est eux qui arriveront le mieux à s'identifier à Brune. C'est une oeuvre qui les fera réfléchir, sans aucun doute !

Il y a beaucoup de références à la culture littéraire brésilienne, puisque Bruna Vieira a donné à chacune des planches le titre d'un roman connu (pas seulement brésilien !) ou fait un clin d'oeil à des classiques littéraires en tout genre. Je trouve juste, et ce sera le seul petit défaut que je formulerais, que parfois le tout est un peu "brouillon". J'ai parfois eu du mal à me situer dans l'histoire, à comprendre dans quel direction l'auteure voulait amener son personnage. Mais cela reste tout de même assez rare, et après une ou deux relectures de la planche, on comprend un peu mieux.
Pour finir, comment vous parler de cette oeuvre sans évoquer les illustrations réalisées par Lu Caffagi. J'ai adoré les contempler. Je suppose (mais je ne suis absolument pas sûr) que la technique utilisée est celle du pastel. Eh bien... Quel travail ! Je n'en revenais pas ! Un régal pour les yeux, et je pense que vous savez à quel point les dessins comptent pour moi lorsque je découvre une BD ou quelconque oeuvre iconographique. J'ai trouvé le style fin sans être trop complexe, les couleurs sautent aux yeux, chaque lecteur appréciera ! Bravo à l'illustratrice !

C'est la seconde fois que je vous présente un album des éditions Sarbacane, et là encore, la qualité est au rendez-vous ! Bravo à la scénariste et l'illustratrice ! A mettre dans les mains des écoliers dès 8-10 ans !

dimanche 11 juin 2017

La folle rencontre de Flora et Max de Colline Pierré et Martin Page

Auteurs : Colline Pierré et Martin Page

Maison d'édition : L'Ecole des Loisirs

Collection : Medium

Nombre de pages : 200 pages

Année de sortie : 2015




Résumé : Lorsqu’elle découvre l’étonnante lettre de Max, Flora est à la fois heureuse et troublée, elle reçoit peu de courrier depuis qu’elle est en prison… Que peut bien lui vouloir ce garçon excentrique qui semble persuadé qu’ils ont des points communs ? Que peut-il partager avec une lycéenne condamnée à six mois ferme pour avoir violemment frappé une fille qui la harcelait ? Max ne tarde pas à révéler qu’il vit lui aussi enfermé. Il a quitté le lycée après une grave crise d’angoisse, depuis, il ne peut plus mettre un pied dehors et vit retranché chez lui, avec ses livres, son ordinateur, son chat gourmet et son ukulélé. Flora et Max vont s’écrire, collecter chaque jour des choses lumineuses et réconfortantes à se dire, apprivoiser leur enfermement et peu à peu, avec humour et fantaisie, se construire une place dans le monde.


Introduction : J'ai vu ce livre sur beaucoup de blogs différents lors de sa sortie. Les avis étaient dans Rl'ensemble assez positifs à son sujet, et j'étais curieux de le découvrir, comme tout bon amateur de roman épistolaire. Prévu dans mon abonnement 2017 à l'Ecole des Loisirs (j'en avais parlé dans un dossier sur mon ancien blog), j'étais très content de le recevoir, et je n'ai pas tardé à le lire, d'une traite.

Commentaire : Ce roman, c'est avant-tout deux personnages, ou plutôt deux lycéens. Flora et Max. La première est enfermée pour six mois en prison pour avoir presque tué une fille qui la harcelait, le second car il a peur du monde extérieur. La première lettre vient de Max. Deux êtres torturés qui vont au fur et à mesure apprendre à se connaître et à s'apprivoiser.

J'ai vraiment trouvé Max et Flora touchants. Je les ai trouvé tous les deux très attachants, même si j'ai eu un peu plus de mal avec le premier. Pourquoi ? Eh bien... Je trouve que Max est disons... Un peu dérangé psychologiquement. Pour cette raison, je n'ai pas su m'identifier à lui, car il a une vision du monde assez spéciale, que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre tout au long de l'histoire. Je ne préfère pas avancer d'hypothèse sur ce qu'il pense réellement, de peur de me tromper. Je dirais simplement que je l'ai trouvé plutôt égoïste parfois et excentrique, comme dit dans le résumé, même si cela ne m'a pas empêché de m'attacher à lui. En ce qui concerne Flora, c'est un personnage que j'ai trouvé beaucoup réel, au sens où ce n'est malheureusement pas un cas isolé, contrairement à Max (ou du moins, j'ai beaucoup plus entendu d'histoires similaires à celle de Flora contrairement à celle de Max). J'ai pu ainsi m'identifier à elle, ou du moins comprendre son ressenti et sa souffrance d'être enfermée ainsi. On a envie de l'aider, de témoigner en sa faveur, contrairement à ses soi-disantes amies. Heureusement que Max est là, car il reste quelqu'un de très sociable, qui est bien décidé à aider la jeune fille, ou du moins à lui faire voir un petit bout de ciel bleu au travers de cette période emplie de nuage sombre dans sa vie. Il y arrive merveilleusement bien, et Flora l'aide aussi à combattre sa phobie et à s'ouvrir au monde.

Cette histoire, c'est celle d'une amitié entre deux personnes que la vie n'a pas épargnées. On voit Max et Flora s'ouvrir peu à peu l'un à l'autre, s'aider, se consoler, s'apporter de la joie en racontant chacun son quotidien rythmé par le ukulélé, les oiseaux et des projets en tout genre. Peu à peu, et comme cela est si bien dit dans le résumé, ces deux adolescents vont se construire une place dans un monde qui ne veut pas d'eux, puisque l'un le hait au point de ne plus sortir de chez lui, et l'autre est condamnée à rester coincée entre quatre murs pendant quelques mois. Ils ont été abimés par la vie, ils lui rendent bien. Même si l'histoire prend une direction assez farfelue et inattendue, le lecteur est touché par cette amitié qui se construit au fil des lettres. On se sent comme le troisième membre de cette rencontre inattendue et assez... folle finalement. De part les membres qui la composent et de part le contexte aussi. C'est cela qui la sublime encore plus.

Les deux auteurs écrivent des lettres courtes, mais qui suffisent à faire avancer l'histoire. On sent qu'ils ont pris beaucoup de plaisir à rédiger l'histoire de cette folle rencontre. Le lecteur aime. On lit ça vite, mais on n'en ressort pas moins avec un souvenir fort.
Pour parler en quelques phrases de la fin, je la trouve folle, à l'image de cette belle rencontre. Elle passe presque pour normale, et elle arrache un sourire. On finit le livre sur une belle touche.

Si vous aimez les romans épistolaires, alors foncez, vous ne serez pas déçus par cette histoire belle et farfelue, qui plaira aux jeunes dès 12 ans !

Stéphane Servant revient en août au Rouergue...

Bonjour à tous ! En attendant de plus amples informations, voici la couverture du nouveau roman de Stéphane Servant, publié une nouvelle fois aux éditions du Rouergue. Rendez-vous un peu plus tard pour un autre teaser et en Aout pour la sortie du roman...

dimanche 14 mai 2017

Adèle et les noces de la Reine Margot de Silène Edgar

Auteur : Silène Edgar


Maison d'édition : Castelmore


Nombre de pages : 352 pages


Année de sortie : 2015










Résumé de l'éditeur : Entre 2015 et 1572, il faut choisir ! Adèle en a marre de ses parents, qui ne comprennent jamais rien. Au collège, elle préfère passer du temps avec ses copines que d'étudier. Aussi, quand elle apprend qu'elle doit lire un livre en entier pendant les vacances, c'est une véritable punition...
Mais dans ses rêves, la nuit, l'impossible se produit ! Adèle est à la Cour, au XVIe siècle, au milieu des personnages de La Reine Margot !
Elle rencontre même un beau jeune homme...
Ce qu'Adèle vit en 1572 vaut-il la peine de sacrifier ses amis et sa famille de 2015 ?

Introduction : Ce livre, qui me faisait envie depuis un bon petit bout de temps déjà, m'a gentiment été dédicacé par l'auteure elle-même, que je remercie chaleureusement. J'ai d'ailleurs pu tranquillement discuter avec elle durant un bon moment. Ce fût vraiment une superbe rencontre, Silène Edgar est une personne très gentille, toujours ouverte aux discussions avec ses lecteurs ! Pour parler rapidement du roman en lui-même, j'en ai entendu parler sur le site Actusd (lien à coller), puis je me suis renseigné plus amplement à son sujet par la suite, car l'histoire m'intriguait au plus haut point ! Voyons de suite ce que j'en ai pensé.

Commentaire : Comme indiqué dans le titre, le personnage principal de cette histoire se nomme Adèle. Celle-ci est en quatrième dans un collège de Saint-Nazaire. Elle a été très touchée par la mort de sa grand-mère, survenu quelques mois auparavant. Depuis, c'est une sorte de guerre entre ses parents et elle, car ces derniers ne semblent pas la comprendre. A l'école, ses notes sont en baisses constantes, ce qui ajoute encore de la tension au sein de sa relation avec ses parents. Adèle est une jeune fille au fort caractère, qui est tout de même très sensible. Il lui suffit d'une petite réflexion de ses parents, comme une étincelle qui mettrait le feu à la poudre, pour que l'adolescente s'enflamme.  Voilà pour ce qu'il fallait savoir à son propos. Et... Je dois avouer que je suis assez mitigé à propos d'Adèle. Tout d'abord, je trouve que celle-ci part trop facilement. Il suffit d'un petit mot, parfois un simple geste, pour que celle-ci s'offusque, se braque, se mette en colère ou qu'elle se mette à pleurer. D'après moi, elle prend aussi trop de décisions sur un coup de tête, sans jamais vraiment réfléchir aux conséquences de ces dernières, qui pourraient être plutôt désastreuses, bien souvent. Pour expliquer cela, je trouve aussi que l'attitude de ses parents à son égard est absolument déplorable. Ces derniers refusent de discuter avec elle, ils tentent constamment d'imposer leur autorité sans même tenter de crever l’abcès et de comprendre Adèle. Le lecteur comprend vite qu'il y a un problème de communication au sein de cette famille. J'ai tout de même fini par m'attacher à Adèle. On ne peut que comprendre cette adolescente quand on voit l'attitude de ses parents, qui veulent tout bien faire mais qui se trompent constamment. On a envie de l'aider, de lui parler, de la réconforter... Malgré son caractère parfois difficile, j'ai tout de même assez bien aimé Adèle.

L'histoire, en plus d'être originale, et très addictive. On se prend vite au jeux, on traverse avec la jeune fille ces deux époques totalement différentes. Le lecteur, grâce aux passages au XVIe siècle, apprend beaucoup de choses sur le mode de vie à l'époque ainsi que sur les guerres de religions, qui faisaient rage à cette époque de l'Histoire. Le travail de documentation a du être colossale pour Silène Edgar, pour écrire avec fidélité les habitudes de l'époque. On croise de nombreux personnages historiques durant tout le long de notre lecture. Certains que l'on apprécie plus que d'autres. Cette histoire m'a parfois fait pensé à celle de quelqu'un addicte aux jeux vidéos, avec cet éternel dilemme : vie réelle ou vie virtuelle ? Je trouve que l'auteure gère très bien les différents passages, entre réalité et rêve. Elle sait arrêter les rêves de son personnage pile au bon moment, ajoutant du suspens à l'histoire. On se pose toujours plus de questions sur ce qu'il va se passer dans les rêves d'Adèle. Je trouve juste une petite facilité scénaristique vers la fin de l'histoire, quand Adèle découvre qu'elle peut faire certaines choses par rapport à ses rêves. Si elle n'avait pas pu, je pense que cela aurait été encore mieux, rajoutant encore de l'action et du suspens à l'histoire. Silène Edgar a très bien su allier le récit de vie au fantastique et au genre historique. J'aime beaucoup.

J'aime beaucoup la plume simple et légère de la romancière. On suit le récit simplement, sans en perdre le fil à cause de descriptions trop ennuyantes ou de dialogues inutiles. Le récit est ainsi accessible aux plus jeunes comme aux plus grands, même si les adultes trouveront le tout peut-être un peu enfantin.
Une fin  assez en accord avec le reste du livre. Ouverte, sur une belle touche, après pas mal de suspens. Quelques questions restent en suspens, Silène Edgar laissant faire notre imagination.

Ce livre, le second signé de la plume de Silène Edgar, fût une belle découverte pour ma part, malgré un ou deux petits défauts au niveau du personnage principal et de l'histoire. A mettre dans les mains des adolescents jusqu'à 16 ans.

jeudi 11 mai 2017

Comment (bien) rater ses vacances d'Anne Percin

Auteure : Anne Percin


Maison d'édition : Le Rouergue


Collection : Doado


Nombre de pages : 240 pages


Année de sortie : 2010








Résumé de l'éditeur : "Chers parents,
Mon stage de survie en milieu hostile se passe bien, merci. J'espère que vous n'êtes pas trop morts, par rapport aux fais de rapatriement qui doivent coûter bonbon, depuis la Corse.
Si jamais vous ne reveniez pas, ce qui serait sympa de m'envoyer un mandat parce que la prostitution masculine, ça marche pas trop dans le quartier.
Bon ben je vous laisse,
c'est l'heure de ma piqûre d'héroïne.
Gros bisous, votre fils bien-aimé,
Maxime"

Cet été, Maxime ne veut pas partir en vacances avec ses parents. Il préfère rester chez sa Mamie, pour glander devant l'ordinateur. Tant pis pour lui. Il va vivre des journées délirantes !

Introduction : Je tiens à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !

Je ne connaissais pas spécialement ce livre avant que Pauline (la personne chargée de la communication au Rouergue) ne m'en parle. J'ai de suite reconnu le nom d'Anne Percin, pour avoir entendu de bons retours sur l'une de ses récentes publication : Ma mère, le crabe et moi, toujours publié chez Le Rouergue. Puis j'ai lu le résumé de ce fameux livre que j'allais prochainement recevoir. Et il faut avouer que ça en jette vachement comme résumé ! Je me trompe ? Pourtant, c'est ce qui m'a tout de suite intrigué dans ce livre, j' étais vraiment curieux de découvrir ce que recelait ces pages. Et je ne suis pas déçu, loin de là !

Commentaire : Maxime. Un personnage absolument incroyable. Je l'ai vraiment adoré, et je pèse mes mots. Je trouve vraiment qu'Anne Percin a réussi à représenter l'adolescent typique dans toute sa splendeur. On retrouve vraiment chez son personnage les réflexions normales d'un garçon en plein passage de l'âge d'enfant à l'âge adulte, les attitudes ou encore les préoccupations. L'auteure dresse un fidèle portrait de la jeunesse de nos jours avec un Maxime bourré de défauts comme de qualités. On le voit vraiment évoluer au fur et à mesure que l'histoire avance. Il se pose des questions, mûrit car il est bel et bien confronté à lui-même durant une bonne partie de l'histoire. C'est aussi un point que j'ai bien apprécié dans ce livre. Maxime se pose énormément de questions. On ressent ses émotions. Cela le rend plus humain, plus réel, plus vivant pour le lecteur. Anne Percin a vraiment gagné tout mon respect, car il est très difficile je trouve d'arriver à représenter fidèlement un adolescent dans les romans à leur destination de nos jours. Ils sont soit trop gamins, soit trop adultes. Maxime est le parfait milieu. C'est pour ça que le lecteur l'adore, tout simplement.

Quant à l'histoire, elle est juste succulente. On suit avec un plaisir non dissimulé les vacances plutôt laborieuses (c'est le cas de le dire) d'un Maxime qui comptait juste glander tranquillement sur l'ordinateur en matant des films à longueurs de temps. Malheureusement pour lui, et heureusement pour nous, ça ne se passera pas tout à fait ainsi. Tout d'abord, j'ai adoré cette histoire car elle est bourrée d'humour. J'ai vraiment ri comme rarement j'ai ri depuis que je lis de la littérature young-adult. Que ce soit avec la répartie de Maxime, avec les réflexions de ce dernier sur ce qu'il lui arrive ou encore avec les situations cocasses dans lesquelles il arrive à se fourrer, on en fini plus de se marrer. Ce livre est vraiment un concentré de bonne humeur et d'humour, qui redonne la pêche à quiconque osera le lire. Concernant l'histoire en elle-même, elle m'a fait penser au film babysitting à certains, avec des situations désastreuse auquel Maxime essaie de remédier, mais il se fourre encore plus dans le pétrin (pour être poli). On se régale à suivre les péripéties de ce jeune adolescent seul suite à la crise cardiaque de sa grand-mère, ses parents et sa soeur loin de lui. L'auteure a une imagination folle. Elle trouve toujours le moyen d'enfoncer Maxime encore plus au fond du trou, comme si l'infarctus de sa grand-mère ne suffisait. Celui-ci, loin de s'avouer vaincu, affronte avec bravoures les aléas de la vie, refoulant avec bravoure les épreuves qu'on lui impose. Tout cela dans le rire, la bonne humeur et la joie de vivre. Evidemment.

J'ajouterais juste quelques lignes sur la plume de l'auteure (vous devez avoir l'habitude à présent). Je me suis régalé à lire ce bouquin car Anne Percin écrit d'une manière très fluide. Les lignes glissent toutes seules sous nos yeux ravis. Cela ne l'empêche pas d'ajouter parfois deux trois réflexions sur la vie dans l'esprit de Maxime, avec à la clé quelques belles métaphores. J'ai particulièrement aimé les chansons écoutées par Maxime. Je tâcherais de reproduire sa playlist, la romancière ayant eu la gentillesse de nous écrire la liste des titres à la fin du roman. J'espère découvrir rapidement la suite de cette histoire et ainsi retrouver Maxime. Je crois apercevoir quelle direction va prendre tout ça, et je peux d’ores et déjà vous annoncer qu'on va se bidonner, rien qu'au titre : Comment (bien) gérer sa love story. Maxime et l'amour. Vous vous imaginez l'équation ? Moi j'ai hâte de voir ce que cela peut donner. J'hésite aussi à me lancer dans Ma mère, le crabe et moi, car j'ai pu découvrir d'excellents avis à sa sortie. Je crois qu'il aborde un sujet lourd : Le cancer. A voir pour une prochaine lecture.

Vous l'aurez compris à la lecture de cette chronique, ce livre d'Anne Percin est une véritable bouffée d'air rafraîchissante, idéal à lire après un livre rempli d'émotions (style Nos Etoiles Contraires, pour ne citer que l'un des plus connus). L'humour et l'aventure sont les maîtres mots de cette histoire haute en couleur. Je recommande chaudement, pour tout public !

lundi 8 mai 2017

L'atelier d'écriture n°266 de Leiloona : Puzzle solitaire (1)



Ils ne me veulent pas de bien.

Le mal les habite.

Traverse leurs entrailles…

Je marche à l'instinct. Autour de moi, tout n'est que d'un blanc éclatant. Des flocons se déposent par milliers autour de ma silhouette chancelante. Bientôt, un village se dresse à l'horizon. Je m'en rapproche. Je ne sais pas où je suis. Mais je continue à marcher, malgré tout, comme si ma vie en dépendait. J'entre dans le petit hameau. Aucune des premières maisons n'a l'air occupée. Une sorte de soulagement m'envahit peu à peu. Heureux de comprendre que je suis seul et maître de ces lieux. Un sentiment très vite dissipé par des lueurs que je vois traverser les volets, s'allumant comme des dizaines de petites lucioles luisantes. Bientôt, des murmures se font entendre. Des visages apparaissent aux fenêtres éclairées, on ouvre les volets, on m'observe, moi la créature encapuchonnée de la nuit. Les chuchotements s’amplifient, devenant peu à peu des voix bien distinctes. On prie, du moins, je le crois. Cette ambiance m'oppresse, je me sens observé, détesté. Je tente d'aller plus vite, pressé de voir ce qu'il y aura de l'autre côté.

Soudain, un cris éclate dans le ciel obscur de la nuit. Surpris, je trébuche sur une pierre.  Les mains et genoux dans la neige. Une larme s'échappe du coin de mon oeil. Je me relève avec difficulté. Derrière moi, des pas, saccadés, nombreux, pressés. Je tourne la tête. Des cris. Des silhouettes. Des hommes. Des fourches. Du sang. Un soupir. Pris par l'adrénaline, le stress, les émotions et l'urgence, je cours. Sans m'arrêter, sans réfléchir. Je bifurque, tourne, traverse des maisons de bois, où femmes et enfants qui sont restés à l'intérieur hurlent sur mon passages, guidant armes et poings derrière moi. Au bout de plusieurs minutes, peut-être plusieurs heures, les cris finissent par décroître. Les pas se stoppent peu à peu, on abandonne une traque trop dure dans de telles conditions. J'ai fini par repérer cette vieille bâtisse abandonnée, un peu en retrait du centre du bourg. Un sous-sol, deux paires d'escaliers. Arrivé, je décide directement de descendre, non sans quelques acrobaties en raison de marches en piteux état. Je trouve assez vite un petit coin douillet, où je pourrais essayer de dormir un peu, le temps que tout se calme dans mon esprit. Je m'allonge. Ne pense à rien. Puis à tout à la fois. Je me pose des questions. Je songe. Le sommeil m'enveloppe peu à peu, Morphée m'embrasse m'embrasse sur le coin des lèvres. Ce n'est qu'en état de demi-conscience que je sens le choc derrière la tête, et, dans un dernier regard, voit la silhouette noir repartir.

Ils ne me veulent pas de bien.

Le mal les habite.

Traverse leurs entrailles.

Coule dans leurs veines.

La folie habite leur coeur.

Je nage dans une piscine d'horreur...

Et de souvenirs...

(à suivre...)


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est de (c) Fred Hedin.


lundi 1 mai 2017

Atelier d'écriture n°265 : Une lettre d'adieu à un amour du passé


Belin Victor
le 04 avril 2018
A Paris

Chère J.
Tu te souviens de moi ? Je pense que oui, mais je n'en suis pas sûr. Je t'écris ça comme on jette une bouteille à la mer. Tu vas sûrement parcourir rapidement cette lettre, puis la jeter. Après tout, peu m'importe, je n'attends rien de cet envoi, pas même une réponse ou une émotion de ta part. Pour commencer, sache que je n'ai aucune idée de ce que tu es devenue. Ni de ton métier, ni de tes relations, ni de ta famille, etc... Un an de silence complet. C'est long je trouve, pour des gens qui s'étaient promis l'univers entier. Depuis qu'on est plus ensemble, je me pose beaucoup de questions à ton propos. Je t'imagine mille et une vies différentes, tantôt cadre chez EDF, tantôt ouvrière sur un chantier de banlieue...
Je ne crois pas que j'ai cessé de t'aimer en un an. Tu m'a toujours possédé, depuis que je te connais. Un peu comme une marionnette de tissu... Tu as toujours pu faire de moi ce que tu voulais, et tu le savais, et sache qu'une année s'est écoulée, et que rien n'a changé. Du moins du côté sentimental. Pour te parler un petit peu de moi (même si je pense que tu n'as plus vraiment envie d'entendre parler de moi), j'ai beaucoup changé en un an. Je me suis coupé les cheveux. Peut-être souriras-tu en apprenant que le mouton que j'ai toujours été est mort à présent... Mentalement, c'est le bordel. Ton départ a provoqué un tel émoi en moi... Je me suis senti vide... Seul... Mort intérieurement... Dépression et toutes ces conneries... J'ai mis une dizaine de mois à m'en remettre. Pas facile. Pour remonter après une chute qui a failli me coûter la vie deux ou trois fois, il en faut dans le ventre (et le pantalon). Je ne crois pas avoir réussi. Mais une chose a changé. Une seule. Un petit truc qui a marqué une cassure entre l'ancien moi et le nouveau. Je n'ai plus écrit durant toute cette mauvaise période. Hors, tu sais toi-même que ça a toujours été ma passion. Maintenant j'écris. Mais en vers, en rimes, comme si le poids des mots d'un homme au coeur abimé ne tenait plus sur la ligne constructrice de la feuille. Après toutes les mauvaises rencontres de ces derniers mois, j'en ai fait quelques autres, plus belles cette fois-ci. Mes mots ont croisé la mélodie douce du studio, et voilà que la semaine prochaine doit sortir mon premier album studio. J'y parle souvent de toi, de notre relation, de ses conséquences. Life and Dream, tel est son nom.

Je t'ai toujours aimée. Dès le premier jour. Ce second paragraphe ne sera pas long, ne t'en fais pas. Juste histoire de te le dire une dernière fois. Je t'aime. Cette lettre est comme une saignée du Moyen-Age. J'ai pleuré toutes les larmes que je pouvais  en l'écrivant. Maintenant je peux mourir tranquille. Sache que mon album ne s'adresse qu'à l'amour de ma vie que tu es. Je déposerais cette lettre à la poste. C'est terminé à présent. Je crois désespérément qu'on avait besoin l'un de l'autre. C'est fini entre nous. Je ne vois aucune raison de continuer à vivre. Quand tu liras ces quelques lignes, je t'observerais de mon doux nuage, et je rirais du rire que tu aimais tant il y a un an. Je t'aimerais toujours, princesse.

A bientôt dans le ciel, je serais l'étoile qui veille sur toi,
Victor


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de (c) Leiloona. La photo est libre de droit.

lundi 17 avril 2017

L'atelier d'écriture n°263 de Leiloona : Hommage au grand Christian...

Le café est plongé dans l'ombre. Un silence de plomb s’est abattu dans la salle depuis la terrible annonce. On retient son souffle, certains pleurent. Christian s'en est allé. Le patron a lâché son plateau rempli de jus de fruit sur ses pieds. Une servante a poussé un petit cri de tristesse ou de surprise, difficile à dire. Tout le monde a tourné les yeux vers elle. Christiane. L'amour, la princesse de Christian comme il se plaisait à la surnommer. Ils s'étaient rencontrés ici, sous ce toit, à cette table là-bas, à côté du comptoir. Depuis, ils ne s'étaient jamais quittés. Une vie partagée à deux. Grâce à eux, on nommait même désormais cette table la table des amoureux. C'était là que s'asseyaient souvent les futurs amoureux en rencard. Christiane. Tout le monde la regarde. Alors au grand étonnement de tous, elle ne fait rien. Elle se tait. Car aucun mot, aucune syllabe, aucune douleur n’est capable d'exprimer ce qu'elle ressent. On ne peut décrire la perte d'une partie de soi. Alors elle se tait. Car elle lui avait promis. Ne pas pleurer. Des années en arrière, alors qu'ils étaient en vacances, au bord de l'océan, en Vendée, sur une petite plage calme, à l'ombre des arbres, ils s'étaient fait cette promesse folle. Ne pas pleurer la mort de l'autre. Pour l'un comme pour l'autre, c'était une promesse balancée comme ça, dans l'ivresse de l'amour. Ils avaient ri après cela. La mort. Ca leur paraissait tellement loin, à l'époque. Maintenant, elle avait frappée. Elle se souvient comme il avait été fier d'elle quand elle avait décroché ce travail de serveuse. Il l'observait parfois, du fond de la salle. Elle lui souriait même, quand elle l'apercevait, ses yeux s'illuminaient d'une telle joie. Lui, le jardinier toujours prêt à aider tout le monde. Toujours prêt à déconner le Christian. Un des bons potes du patron, un des meilleurs clients du bar. Ouais ils regardent tous Christiane, avec de la pitié dans les yeux, mais elle leur tourne le dos, parce que seule elle, parmi eux, ne fait pas semblant de souffrir. Elle se fout bien de leur pitié. Elle voudrait... elle voudrait juste Christian. Ses bras, sa chaleur, ses bisous, son rire... Alors qu'une larme menace de couler, le patron monte sur le comptoir, et d'un ton déterminé,l s’adresse aux personnes présentes " Demain, dès l'ouverture, je veux qu'on dresse tous une banderole à l'effigie de Christian sur la devanture de ce bar. De SON bar. Sa bière favorite sera gratuite demain. Je suis sûr que ça lui fera plaisir, de là ou il est..."


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo est de (c) Fred Henin.

samedi 15 avril 2017

Marquise de Joanne Richoux

Auteur : Joanne Richoux

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 232 pages

Année de sortie : 2017





Résumé : Un excentrique milliardaire, qui se fait appeler Le Marquis, a fondé une société secrète : les Voluptueuses. La rumeur prétend qu’il a fait construire une réplique du château de Versailles, quelque part sur une île privée au large de l’Écosse, et qu’une centaine de privilégiés y mènent une vie de rêve.
Charlotte et Billy sont prêts à tout pour quitter leur sordide village natal – même à tenter l’impossible.
Ils ont de la chance, cette année : le Marquis organise un casting sauvage pour intégrer de nouveaux membres aux Voluptueuses. Huit jeunes artistes, dont eux, rejoindront finalement l’île paradisiaque où s’ébat la communauté. Mais la vie de château leur réserve bien des surprises…

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Décrit comme novateur, pétillant, glamour, mêlant des ambiances du XVIIIème siècle et des temps modernes, il ne m'en fallait pas plus pour demander à recevoir le premier roman de Joanne Richoux, unE jeune auteure d'à peine 27 ans. Rajoutez à cela la couverture absolument sublime, et vous avez le combo parfait du roman pleins de promesses qui m'attire. Je ne suis pas déçu, au contraire. Incroyable.

Commentaire : Parlons de Charlotte, pour commencer. Vous savez à quoi m'a fait penser Charlotte sur certains points ? A Katniss. Une fille embarquée dans quelque chose dont elle n'imaginait même pas les enjeux et les ficelles. Charlotte, orpheline depuis sa naissance et élevée par une tante grincheuse qui ne l'apprécie par le moindre du monde (et c'est réciproque), est en effet une jeune fille d'à peine 19 ans au caractère bien trempé. Ami d'enfance de Billy (même si leur relation est beaucoup plus ambigüe que ça), c'est avec celui-ci qu'elle participe à cette gigantesque aventure. Pour commencer, je dirais que j'ai beaucoup apprécié Charlotte durant la totalité de ce roman. Je crois que, malgré le fait que j'ai parfois du mal avec ce genre de personnage au caractère fort qui n'en font souvent qu'à leur tête, ce type de personnalité correspond parfaitement à l'histoire proposée par Joanne Richoux, car je pense qu'il faut un mental d'enfer pour survivre à tous les événements et les révélations que va subir la jeune fille sans sombrer dans la folie. Malgré cela, j'ai quand même réussi à m’identifier à Charlotte, notamment concernant la fin (je vais vous en reparler de celle-là, attendez un peu). Je crois que j'aurais sûrement pris les mêmes décisions et fait les mêmes choix si de telles événement venaient chambouler ma vie. Concernant l'autre personnage qu'est Billy, je ne pourrais trop vous en dire à son sujet, car il reste finalement assez en retrait durant une bonne partie de l'histoire. Je soulignerais juste le fait que je n'aurais certainement pas fait les mêmes choix que lui, et qu'il m'a beaucoup énervé, notamment à la fin de l'histoire (encore elle, décidément).

Voilà, passons maintenant au sujet que j'ai très envie d'aborder dans cette chronique. Je dois vous avouer aussi que j'ai longtemps, très longtemps hésité à faire une chronique qui, pour la première fois, spolierais la chute. Car c'est bien elle qui me tourmente, qui m'impressionne. Donc je vais à présent laisser exploser les émotions qui m'ont submergés après avoir fini ma lecture. QUOI ? MAIS QUOI ? MAIS C'EST JUSTE IMPOSSIBLE, POURQUOI ? NON MAIS ATTENDEZ LA... (je souffle un instant, bois un coup puis laisse de nouveau mes pensées dériver) IL FAUT QUE JE PARLE A L'AUTEURE, JE TE JURE QUE SI JE LA CROISE EN FESTIVAL, J'VAIS TE LA BOMBARDER DE QUESTIONS PARCE QUE LA... (je redescends un coup) il faut que je me refasse tout le fil de l'histoire, attendez, attendez... (bon faut attendre un peu que je me rebranche cérébralement parlant) MAIS PUNAISE C'EST QUE CA  SE TIENT EN PLUS MAIS J'Y CROIS PAS A CELLE-LA !!!

Voici un peu près ma réaction. Donc l'histoire à présent. Déjà pour commencer, je trouve le décor très spectaculaire et très bien imagé, avec cette véritable reproduction du château de Versaille à la sauce écossaise. Ensuite, les personnages secondaires sont des personnages assez incroyables. Avec leurs valses de couleurs, leurs costumes chatoyants et la mentalité un peu "fo-folle" et des manières tout droit venu du XVIIIème siècle, je peux vous dire qu'on retient chacun d'entre eux. D'ailleurs, je trouve que Joanne Richoux a su faire preuve de beaucoup d'humour, et j'ai franchement ris aux éclats bien souvent durant ma lecture. On remerciera Charlotte pour les répliques trash, qui clouent bien souvent le bec de l'interlocuteur. L'histoire en elle-même à présent. On a planté le décor, les personnages qui accompagneront le lecteur et les principaux personnages durant la lecteur, on peut donc y passé. Déjà, je trouve le principe de base génial et très innovateur. On sort vachement des sentiers battus de la collection Exprim', alors qu'elle-même était déjà un OVNI dans le genre littérature jeunesse. A la manière d'un "Jungle Park" ou d'un "Luna Viva", Marquise nous plonge au coeur d'un château fabuleux, au coeur de cette société secrète que sont les "Voluptueuses", qui n'a pas livré tous ses secrets. Même si l'auteure prend le temps de présenter les différents personnages au début de l'histoire, je trouve que l'histoire s'emballe vraiment à partir de l'entrée de Billy et Charlotte au château. A partir de là, on ne s'ennuie plus une seconde. Le lecteur est plongé au coeur de cette véritable secte écossaise. Difficile de lâcher le livre, il y a toujours au moins une révélation qui nous pousse à aller plus loin. On est à fond. Et là... LA FIN. J'avais tout imaginer. Tout. Sauf ça. Et franchement, j'étais (désolé mais là, il y a pas d'autres mots) sur le cul. La romancière a vraiment géré son livre de bout en bout. On sort de cette histoire embrouillé, et il faut un petit temps avant de comprendre et de ressentir la claque offerte par Marquise.

La plume de Joanne Richoux ? Je dirais que c'est un savoureux mélange entre l'humour et le suspens. Elle sait y faire dans les deux genres. Et franchement, le lecteur est pris. A la manière de Charlotte, la plume de l'auteure colle parfaitement à l'histoire contée. L’exécution, dans la forme et dans le fond, est terriblement bien réussie.

Autant vous le donnez en mille : ce livre est un coup de coeur. En guise de conclusion, j'aimerais ajouté que si par hasard Joanne Richoux tombe sur ce post à propos de son livre, qu'elle fasse attention, car si elle passe un jour aux alentours de Nancy en dédicace, un lecteur passionné sera là pour la féliciter et étancher sa curiosité !


lundi 10 avril 2017

Le coeur des Louves de Stéphane Servant

Auteur : Stéphane Servant

Maison d'édition : Le Rouergue

Collection : Doado

Nombre de pages : 544 pages

Année de sortie : 2013


Résumé de l'éditeur : Célia et sa mère, une écrivaine à succès en panne d’écriture, reviennent vivre dans la maison de leur grand-mère, morte depuis des années, au cœur d’un village perdu dans les montagnes. Leur retour est mal vécu par certains, comme s’il ravivait de vieilles histoires enfouies. Le cœur des louves est un roman impressionnant, flirtant avec le fantastique pour décortiquer les secrets d’une communauté fermée sur elle-même.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !

Stéphane Servant. Mon dieu que j'ai pu entendre parler de cet auteur, que ce soit sur internet, sur youtube, et même avec une bibliothécaire. Décrit comme un auteur inclassable, tant ses ouvrages sont uniques pour ses lecteurs, je m'étais lancé dans la bibliographie de cet auteur il y a de cela un peu moins de trois ans avec son tout premier roman, publié chez Gallimard jeunesse. Je garde un bon souvenir de cette épopée un peu folle au coeur de l'Andalousie. Avec le coeur des louves, publié aux éditions du Rouergue dans l'excellente collection Doado en 2013, l'auteur a conquis bon nombre de lecteurs (Margaud Liseuse par exemple). Alors, qu'en est-il de mon avis ? Eh bien... trois mots : Coup de coeur.

Commentaire : Ce roman nous plonge au coeur d'un petit village, situé dans un pays inconnu. La seule indication temporelle se situe dans le fait qu'il y a eu une guerre des dizaines d'années auparavant. Le lecteur se retrouve aux côtés de Célia une jeune fille d'environ 16 ou 17 ans. Cette dernière est très peu sociable, et reste bien souvent seule dans son coin. Très débrouillarde et taciturne au premier abord, Célia est quelqu'un de très complexe. Stéphane Servant construit un personnage que je qualifierais d'intemporel, car chacun d'entre nous peut se retrouver en elle, ou du moins la comprendre, même si ce n'est pas un exercice aisé, il faut bien l'avouer. Cette jeune fille donne du fil à retordre au lecteur, qui est très souvent obligé de lire entre les lignes pour bien la comprendre, que ce soit son attitude ou ses choix. Il faut aussi savoir replacer les choses dans leur contexte pour bien savoir qui est vraiment Célia. Je ne vous en dévoile pas trop, mais je serais très heureux de débattre avec les lecteurs de ce livre à propos de ce personnage, car je trouve qu'il y a beaucoup de choses à dire à son sujet. On dirait bien souvent une personne réelle, qu'il est possible de croiser à tout moment dans la rue. Gros coup de coeur pour Célia. L'autre personnage principal du roman, est quelque part sa grand-mère. Même si celle-ci est morte au moment où l'histoire se déroule, elle est très souvent évoquée. On a la sensation qu'elle est la clé de toutes les histoires que ravivent le retour de Célia et de sa mère. Sa mère justement. Elle est, je crois, le dernier personnage que je peux évoquer ici sans risque de spolier l'histoire. Egocentrique, extravagante, elle est l'exemple même de ce que peut provoquer la célébrité. Romancière à succès en panne d'écriture, c'est elle aussi un personnage qu'il vous faut découvrir, je le pense. Pour le reste et bien... A vous de découvrir le panel impressionnant de personnages que Stéphane Servant propose à travers son livre.

Comme indiquer dans le résumé, les deux femmes retournent dans la maison de la grand-mère de Célia, donc la mère de Catherine, perché au coeur de la montagne, dans un petit village rempli d'histoire. L'histoire de ce livre justement. Un mot me vient à l'esprit. Un son plus précisément. Wouah ! Quelle imagination ! C'est... C'est... C'est incroyable ! Je ne sais pas si j'arriverais à trouver les bons mots pour décrire ce que Stéphane Servant a réussi à faire avec ce livre. Tout d'abord, cette histoire est un subtile mélange entre la réalité et le fantastique. Je crois que beaucoup seront du même avis que moi quand j'affirme que j'ai souvent eu énormément de mal à démêler la réalité de la fiction. C'est sûrement la première fois que je lis un bouquin capable de combiné aussi finement deux genres qui sont totalement opposés, à savoir le fantastique au récit de vie. Le romancier mélange également le passé et le présent. Il nous propose beaucoup de flash-backs du passé, à l'époque de l'après-guerre et de la grand-mère de Célia. L'intrigue est rudement bien mené. L'auteur nous laisse dans le flou durant quasiment tout la durée de l'histoire, ne nous offrant que quelques éléments de réponses à nos questions, qui en occasionnent souvent de nouvelles pour le lecteur. On cherche à en savoir toujours plus. De nouvelles révélations, toujours plus importantes et surprenantes les unes que les autres, plongent le lecteur dans une addiction sans fin pour le roman. Il me fallait à tout prix toujours en savoir plus ! L'auteur sait parfaitement bien arrêter ses chapitres au bon moment, laissant le lecteur sur sa fin. Une histoire parfaite je vous dis, de laquelle je ne veux révéler aucun éléments, pour que la surprise vous soit totale lors de votre propre lecture ! Là encore, pour ceux ayant déjà découvert ce bouquin, je vous propose d'en discuter en commentaire car je crois que chacun peut interpréter sa lecture à sa manière, en fonction de ce qu'il a ressenti et de la situation dans laquelle il a lu Le Coeur des Louves, un peu à la manière du Petit Prince. Je serais heureux de croiser ces différentes versions de compréhension avec vous.

Pour finir, parlons écriture. L'écriture de Stéphane Servant m'avait déjà convaincu dans Guadalquivir, mais là... Wouah ! encore une fois. Les comparaisons, les métaphores et autres figures de styles pleuvent durant toute la durée du roman. Le lecteur est emporté dans l'univers envoûtant de ce petit village. Une atmosphère se dégage de ce livre, qui fait que lorsque l'on s'arrête de le lire, il faut en émerger comme d'un long sommeil. Après une telle découverte, je peux vous affirmer que je compte bien lire d'autres livres de Stéphane Servant à l'avenir, je pense notamment à La Langue des Bêtes.

Je crois que je viens de lire l'un de mes plus gros coup de coeur de cette année ! Bravo au Rouergue et à Stéphane Servant pour cette pépite ! A lire de toute urgence !