mercredi 27 septembre 2017

Victoria Rêve de Timothée de Fombelle



Auteur : Timothée de Fombelle 

Maison d'édition : Gallimard jeunesse

Nombre de pages : 112 pages

Année de sortie : 2012





Résumé : Victoria voulait une vie d'aventures, une vie folle, une vie plus grande qu'elle. Et l'on disait tout autour d'elle : "Victoria rêve". Mais depuis quelque temps, un monde imaginaire débarquait dans son existence. Elle avait l'impression d'une foule de personnages qui descendaient de sa bibliothèque en rappel pour venir semer leur pagaille. Victoria voulait savoir ce qui lui arrivait. Y avait-il un lien avec les livres qui disparaissaient de sa chambre ?

Introduction :  Timothée de Fombelle est devenu au fil des années un auteur incontournable pour la jeunesse. Tout le monde a déjà entendu parler de "Vango", "Céleste, ma planète" ou encore "Tobbie Lolness". J'ai d'ailleurs lu il y a quelques années le premier tome de cette duologie, et j'en garde un excellent souvenir. Plus récemment, c'est le "Livre de Perle" qui a énormément fait parler de lui. Je compte d'ailleurs le découvrir très prochainement, ainsi que le second tome de Tobbie Lolness. Mais c'est avec "Victoria Rêve" que je poursuis mon aventure au sein de l'univers poétique de monsieur de Fombelle, et le résultat est encore réussi !

Commentaire : Parlons de Victoria, pour commencer. Cette dernière est donc une jeune collégienne qui... Rêve. Elle n'a pas vraiment d'amis, car elle préfère passer tout son temps libre dans les livres, à découvrir les aventures de différents héros comme Calimity Jane ou Roméo et Juliette. Je suis absolument certain que chaque lecteur de ce roman retrouvera un peu de lui en Victoria. Comme tout lecteur passionné, qui n'a jamais rêvé de se retrouver à la place du ou des héros de l'histoire qu'il est en train de découvrir. Et même quelqu'un qui n'est pas un lecteur aguerri, chacun d'entre nous s'est déjà retrouvé à rêver, devenant ainsi le héros d'une histoire d'amour et de gangster. Rêver est propre à l'humain, et c'est aussi une qualité qui le définit en tant que tel. Timothée de Fombelle, avec ce personnage de Victoria, nous rappelle à quel point chacun d'entre nous se prend à rêver chaque jour, à la manière de celle-ci justement. Victoria m'a beaucoup plu. J'ai longtemps eu la sensation qu'elle n'avait ou ne voulait pas grandir. Elle espère constamment que ses rêves (j'ai l'impression de me répéter haha) vont prendre vie, qu'elle va soudainement se retrouver en plein milieu de l’Amazonie, des plaines du Dakota du Sud ou sur la Lune. Finalement, je pense que la volonté de l'auteur à travers Victoria est de décrire ce passage de l'enfance à l'âge adulte, où l'on retombe un peu soudainement sur Terre. Il nous décrit cela à merveille, cette prise de conscience de Victoria, notamment à la fin du bouquin. Je trouve cela très réussi, et tout en poésie, bien évidemment.

Avec ce livre, Timothée de Fombelle nous confronte parfois à nos songes de jeunesse, à nos espoirs passés pour les plus adultes de ses lecteurs. Je pense que cette lecture a été empreinte de nostalgie pour certain. J'aimerais vous parler de l'ambiance qui se dégage de cette histoire. J'ai un peu de mal à vous la décrire... Comme une sensation de faux, que Victoria refuse de voir la réalité en face. On revient à cette sensation de passage de l'enfance vers l'adolescence et l'âge adulte. Et c'est vraiment durant les dernières pages du bouquin que ce sentiment nous attrape la gorge, pile quand on ne s'y attend pas. Ou du moins, à tout sauf à ça. Et ça nous fait réfléchir, justement. Sur nous, ce que l'on voulait être, ce que l'on va être/est devenu, sur nos rêves passés, sur nos rêves pour l'avenir. Un petit monde imaginaire avec comme élément déclencheur ce bouquin. On en vient même à peut-être plus rêver que Victoria, ce qui est une sacrée prouesse, croyez-moi !

L'univers et la plume de Timothée de Fombelle sont tous deux remplis de poésie.
Dans les descriptions, dans les comparaisons, j'aime beaucoup ce style d'écriture que j'ai retrouvé avec plaisir, quelques temps tout de même après avoir lu Tobbie Lolness, que j'avais totalement adoré ! Comme je vous l'ai dit dans l'introduction, je compte vraiment découvrir les autres romans de bibliographie de ce grand nom de la littérature jeunesse française, à commencer par le second tome de Tobbie Lolness, et surtout le grand "Livre de Perles" qui me titille depuis des mois !

Un livre que je recommande aux jeunes d'environ 11-12 ans, pour rêver encore un peu plus !
 

lundi 4 septembre 2017

L'atelier d'écriture n°274 de Leiloona : Le noir et le blanc, le ying et le yang et vice-versa



Version première :
Le Lac avait été pondu là, par hasard, comme un arbre qui eu une soudaine poussée de croissance, mais sans qu'aucune graine n’ai été plantée en cet endroit. Si personne n'a compris, aucun ne s'est posé la moindre interrogation. Le Lac était là, et c'était tout. Il n'y eut guère que le petit Gamin pour se poser et poser des questions. Tentatives qui n'ont alors jamais eu plus de succès qu'une injure ou un mauvais geste de la main. Dans le Village, on avait appris à ne plus prêter attention aux caprices incessants de Dame Nature, et ça, le petit Gamin l'a très vite compris. Après quelques journées à peine, le jeunot cessa d'importuner ses aînés, conscient qu'il n'obtiendrait jamais de réponses de ce côté. Après quelques nuits passées à contempler le ciel voilé par de sombres nuages, le petit Gamin décida qu'il était temps d'aller voir de plus près cette oeuvre aussi merveilleuse qu'inattendue. Une nuit, alors qu'il entendait depuis quelques minutes à peine les ronflements sourds de son père, tantôt piquetés de quelques paroles aussi décousues qu'incomplètes de sa mère somnolente, le petit Gamin remonta le loquet de sa fenêtre, et sous une lune d'un blanc éclatant, et se dirigea d'un pas tranquille vers le Lac. Seul quelques aboiements lointains et quelques bribes d'une dispute conjugale vinrent troubler le pas tranquille de l'enfant, enchanté par l'hypnotique lune et le silence quasi complet qui règne en ces lieux. Après une bonne centaine de pas, le doux reflet de lune sur l'eau paisible fût visible. Lentement, le petit Gamin descendit la longue et étroite bande de sable, les yeux écarquillés de bonheur. Arrivé près de l'eau, il retira ses petits souliers dans un silence mortuaire. Puis il se posta face à la grande étendue d'eau. Il attendit. Quelques secondes peut-être. Ou quelques minutes. Ou quelques heures. Rien ne bougeait. le silence en devenait lourd, pesant. Alors, le petit Gamin avança son pied droit, qui toucha l'eau. Le liquide était de température moyenne, ni trop chaud, ni trop froid. Le jeune mit alors son deuxième pied à l'eau. Sans savoir pourquoi. Une sensation de bien-être l'envahit soudain. Il s'assit, la moitié des cuisses à la flotte. Un joli sourire flottait sur son visage livide. Il resta ainsi quelques instants, impassible, les yeux fermés, nageant dans le bonheur. Puis il se releva brusquement, et, arrivé à l'arbre le plus proche, le petit Gamin y suspendit tous ces vêtements. A présent à moitié nu, il fit vite demi tour. Sans s'arrêter. Il plongea dans le Lac doucereux, noyé dans un bonheur intense. En quelques secondes, son petit corps disparût, entièrement englouti par les eaux du Lac. Apaisé et heureux. On le revit plus jamais.


Version seconde :
L'Arbre avait été pondu là, par hasard, comme un lac qui aurait été créé par une énorme averse, sans qu'il n'y ait jamais plu. Si personne n'a compris, aucun ne s'est posé la moindre interrogation. L'Arbre était là, et c'était tout. Les habitants du village voisin racontait qu'il était apparu durant une nuit de pleine lune, quelques jours seulement après le lac. On raconte qu'il a été découvert avec sur lui les vêtements d'un petit garçon, disparu dans la nuit.  La légende raconte qu'il est devenu l'Arbre. l'étendue d'eau est très vite devenue une grande attraction touristique, théâtre de nombreuses compétitions de cerf-volant, étant donné la puissance du vent qui règne en ces lieux. C'est ici, durant l'un de ces concours, que mon fils est mort. Chute mortel. Sur le rivage. Coup du lapin. Corps sans vie. Et c'est sur cet arbre que je dépose les vêtements qu'il portait en ce jour, ainsi que son doudou, qu'il gardait toujours à ses pieds, dans ses mains ou dans l'une de ses poches. Le cerf-volant les rejoindra. Je contemple l'Arbre, fait le tour du tronc, puis sort mon téléphone et immortalise le moment, une rivière salée coulant sur chacune de mes joue rougi par le froid mordant. Une fois le cliché terminé, je dépose le smartphone au pied du tronc. J'y attache mon béret près des vêtements de ma progéniture. Puis saute du haut de la falaise, et meurt. Apaisé.



Troisième version :

Le Portable avait été pondu là, par hasard, comme un cadeau tombé du ciel ou du tronc, sans qu'aucun des deux ne soit jamais intervenu. Si personne n'a compris, aucun ne s'est posé la moindre interrogation. Le Portable était là, et c'était tout. C'est un garçon qui l'a ramassé. Une fois déverrouillé avec l'aide de son père, le Gamin a trouvé une photo magnifique du Lac et de l'Arbre, un jour de soleil. C'est avec celle-ci qu'il a remporté un concours de photographie. Il a gagné un magnifique cerf-volant, rose, rouge et violet. Depuis, il en fait tous les jours, un peu trop près de la falaise parfois, entre le Lac et l'Arbre. Il se sent libre. Apaisé.


Ce texte a été écrit pour l'atelier d'écriture de Leiloona. La photo a été prise par (c) Vincent Héquet.

mercredi 30 août 2017

Nox tome 2 : Ailleurs d'Yves Grevet


Auteur : Yves Grevet

Maison d'édition : Syros

Nombre de pages : 424 pages

Année de sortie : 2013




Résumé : Un héros condamné aux travaux forcés dans la forêt pourrissante, dont nul n'a jamais pu s'échapper.Une jeune fille enceinte qui attend le retour du garçon qu'elle aime et se voit proposer un effroyable marché.Deux amis devenus ennemis, à qui il a manqué le temps de s'expliquer. Une adolescente de la ville haute qui devient agent double contre son gré. Des personnages qui se croisent sans toujours se reconnaître et, tout au bout du chemin, l'espoir d'une vie meilleure...

Introduction : J'ai lu le premier tome de cette dystopie en 2015, et j'avais tout simplement adoré ma lecture, que j'avais trouvée très originale avec ce système de narration du point de vue de différents personnages, qui n'est pas sans rappeler la saga U4, auquel Yves Grevet a participé. Je dois bien vous avouer que ma lecture datant de 2015, pas mal d'éléments avaient finis par s'échapper de ma mémoire, même si l'essentiel était encore là : je savais où l'auteur nous avait laissés avec les personnages principaux, avec quels problèmes, etc... Même si il m'a fallu un petit temps d'adaptation, j'ai retrouvé tout ce que j'avais aimé dans le premier tome.

Commentaire
: J'avais beaucoup aimé les personnages lors du premier opus, et cela se confirme avec le second. Petite nouveauté au programme, un nouveau point de vue vient s'ajouter aux trois précédents (enfin, dans mes souvenirs, il n'est pas présent dans le 1) : il s'agit de celui de Firmie, la petite amie de Lucen. Je pense qu'il est assez inutile que je vous fasse un portrait détaillé de chacun, puisque je risquerais de vous spolier. Je dirais simplement qu'à défaut de s'identifier à eux (nous ne sommes pas dans le même contexte "géopolitique" avec la nox, la mise en place de la ville basse et haute, etc...) on s'attache à eux. Et les galères auxquelles ils sont confrontés nous les rendent encore plus attachants, car on voit leurs doutes et leurs points faibles. Je trouve que cela les rend encore plus proches du lecteur, car ils sont ainsi plus "humains". C'est un côté que j'avais moins retrouvé dans le premier livre (enfin d'après mes souvenirs). Personnellement, je trouve que le personnage le plus intéressant dans cette duologie restera Lucen. Pourquoi ? Je trouve que c'est lui qui est le plus proche du lecteur, en fin de compte. C'est en tout cas celui parmi les quatre qui nous transmet le mieux les émotions qu'il ressent. C'est en parti pour cette raison que je le préfère. Il nous montre aussi à quel point l'amour d'un homme envers sa femme et son fils peut être pur et magnifique (c'est également le cas de Firmie d'ailleurs, qui m'a souvent ému aux larmes lorsqu'elle parle de son amoureux et de leur enfant). Toutefois, Gerges m'a beaucoup plu aussi, puisqu'il est constamment tiraillé entre sa famille et son passé avec ses amis. On le sent qui se pose des questions, qui se tâte, qui croire ? Là encore, cela le rend terriblement humain alors que tout nous sépare de leur condition. J'ai déjà parlé de Firmie, mais je rajouterais juste que c'est une fille courageuse. Cela ne fait aucun doute. J'ai par contre un peu moins accrocher avec Ludmilla, qui était pourtant celle que je préférais dans le tome 1. Dans ce second volet, je l'ai trouvée… Je ne saurais comment vous dire... C'est un peu bizarre comme sentiment. Je la trouve très courageuse, mais à la fois assez peureuse sur certains points, même si cela peut parfaitement se comprendre. J'ai eu un peu de mal avec son caractère et ses réflexions, parfois. Mais elle reste dans l'ensemble un bon personnage.


L'histoire nous est donc comptée du point du vue de chacun des personnage, à la première personne. Les chapitres se succèdent, avec à chaque nouveau un personnage qui prend le relai, dans un ordre qui reste toujours le même. L'intrigue reprend exactement où Yves Grevet l'avait laissée dans le tome précédent. Et je ne cesserais de le répéter, ce style de narration à plusieurs voix est juste excellent. Le romancier arrête chacun de ses chapitres pile où il faut, juste avant la révélation. J'ai la sensation de me répéter par rapport à ma précédente chronique, mais c'est vraiment un style qui m'a enchanté. De plus, les bornes chronologiques ne sont pas du tout les mêmes entre les chapitres. On peut passer d'un chapitre dans la peau de Lucen à un chapitre dans la peau de Firmie qui se déroule quelques semaines ou mois après. C'est ainsi que l'on obtient des réponses inattendues à nos questions sur des personnages alors que ce n'est pas lui qui nous parle. C'est très, très bien fait. Chacun des personnages de cette histoire à une quête différente, une manière différente d'arriver ici ou là, mais ils se croisent, décroisent, sans se voir parfois, s'aident. Quel imagination ! Yves Grevet mène son lecteur par le bout du nez, il nous tient en haleine pendant quasiment tout le livre. Pas une fois on ne s'ennuie, Yves Grevet rajoutant toujours un peu d'huile sur le feu où laissant des questions sans réponses. On est pris à la gorge par la tension qui émane de certaines scènes d'action du roman. Résultat : Cet élément combiné à la narration fait qu'une fois de plus, et à l'image du tome 1, ce livre se lit très vite. Trop vite.


J'ai déjà pas mal parlé du style de narration juste au-dessus, alors je me contenterais de quelques mots pour la plume d'Yves Grevet. Je trouve qu'il arrive parfaitement à nous faire ressentir et voir ce que ses personnages voient. Je me suis vraiment senti immergé au coeur de cette ville basse et haute, à peine séparée par une bande de Terre. Tout cela est très originale, soit dit en passant.


La fin est vraiment superbe. Apaisante. Cerise sur le gâteau
. Exactement ce qu'il faut au lecteur pour digérer ce qu'il vient de vivre pendant 424 pages. J'hésite encore sur la prochaine oeuvre de Grevet que je devrais lire. U4 Koridwen ? Méto ? Autre ? J'hésite encore beaucoup... L'avenir nous le dira.

Envie d'une dystopie originale, riche en émotions comme en actions et en suspens ? Alors n'hésitez pas, foncez ! Nox vous convaincra, j'en suis absolument certain !

mercredi 23 août 2017

Sirius de Stéphane Servant


Auteur : Stéphane Servant 

Maison d'édition : Le Rouergue 

Collection : Epik 

Nombre de pages : 480 pages

Année de sortie : 2017





Résumé : Alors que le monde se meurt, Avril, une jeune fille, tente tant bien que mal d'élever son petit frère Kid. Réfugiés au coeur d'une forêt, ils se tiennent à l'écart des villes et de la folie des hommes... jusqu'au jour où le mystérieux passé d'Avril les jette brutalement sur la route.
Pourchassés, il leur faut maintenant survivre dans cet univers livré au chaos et à la sauvagerie. Mais sur leur chemin, une rencontre va tout bouleverser : Sirius.


Introduction :
Je tiens tout d'abord à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !


J'ai plutôt pas mal teaser ce bouquin sur le blog, en postant notamment la couverture et le résumé en juin et en aout. Il faut dire que je n'en suis pas à mon coup d'essai avec Mr.Servant, avec son Coeur des Louves  qui sera à coup sûr dans mon top 10 de fin d'année. En réalité, je pourrais vous en parler des heures durant. Mais nous ne sommes pas ici pour parler de ce livre-ci, bien qu'il soit incroyable, je vous invite donc à consulter la chronique que j'en ai fait, vous pourrez ainsi bien voir mon ressenti et mes impressions sur ce bijoux. Vous comprendrez donc que j'étais plus qu'impatient à l'idée de découvrir une nouvelle histoire de cet auteur. Et punaise, il a encore mis la barre haute, très haute. Trop haute.


Commentaire :
Les deux protagonistes de cet aventure se nomment Avril et Kid. Bien que le roman soit à la 3ème personne, le lecteur se sent facilement plus proche d'Avril, une jeune fille qui doit avoir environ 17 ans, bien qu'il n'y ai aucune date et aucun repère temporel (je doute franchement que les gens pensent à une quelconque date lorsqu'il s'agit juste de survivre alors que le monde s'écroule) durant toute la durée du livre. Avril est un personnage déterminé, sans aucun doute. Déterminée à survivre, déterminée à protéger Kid et à oublier son passé. Un passé que l'on devine sombre et mystérieux. Kid est un petit garçon aventureux, qui aime par-dessus tout sa soeur et la nature. Le duo qu'ils forment est très attachant, le lecteur ne peut qu'adorer ces deux personnages atypiques, survivants dans un monde en colère et qui se déchaîne. En vérité... je ne veux pas vous les présenter plus en détail, comme je fais habituellement, car eux sont vraiment... Surprenants. Ils évoluent. On les voit évoluer durant tout le bouquin mais... D'une manière différente. Sans aucun doute. C'est ce qui les rend si particuliers et indescriptible à mes yeux, c'est aussi pour cette raison que je ne pourrais vous les décrire d'une manière très détaillée, et je suis sûr et certain que j'aurais énormément de mal à trouver les mots  pour vous offrir un aperçu juste et précis. Ils posent des questions, ça ne fait aucun doute. Je pense que c'était aussi le but de Stéphane Servant, à travers cet écrit, d'interroger qui le lira sur pleins de sujets différents. Et là, le lecteur se pose des questions sur l'être humain et l'humanité. Comment survivre ? Sortis comme ça dans notre confortable vie douillette, qui sommes-nous vraiment ? Comment ressortir nos instincts naturels ? Et d'ailleurs, ne sommes-nous pas réellement des animaux sauvages ? Personnellement, j'ai fais beaucoup de pauses durant ma lecture pour y réfléchir plus en détail et avoir des réponses à mes questions. Je pense qu'il n'y en a pas, ou plutôt qu'il y en a plein, des dizaines, puisque chacun y répondra différemment. Et ça c'est très fort.


Sacré Stéphane Servant. Même dans un exercice totalement différent de ce qu'il avait pu écrire avec le Coeur des Louves, il maîtrise parfaitement son sujet. Vous savez à quel point je suis friand de road-trip. Et bien celui-ci est vraiment parfaitement maîtrisé. On se prend au jeu, devant véritablement le quatrième membre de cette bande de survivants désespérés. A nouveau, l'auteur mêle subtilement le fantastique et la réalité (bon, une réalité assez futuriste et anticipée, je vous l'accorde). Il nous surprend, nous interroge, encore une fois. Mais je vais y revenir. L'histoire en elle-même est donc ce chemin, ce voyage, cette fuite de Kid et Avril, pour des raisons assez différentes chez les deux individus. Leur route croisera celle de Sirius. Une rencontre déterminante. Incroyable. Sirius ? Qui est-ce ? Eh bien... Je vous laisse la surprise, à nouveau. Je ne m'attendais pas du tout à ça de la part de Stéphane Servant, qui nous prend littéralement à la gorge avec cette aventure parsemée de dangers et de rebondissements. J'ai adoré. Il nous mène par le bout du nez, révélant un petit peu de ce qu'il faut, jamais trop, oh non surtout pas. On ne comprend pas vraiment où il veut nous mener, jusque dans les dernières pages, où il nous émerveille, comme il l'avait si bien fait dans le Coeur des Louves. Je disais tout à l'heure qu'il nous interrogeait à nouveau. Et bien cette fois-ci, c'est sur la nature, les animaux, l'environnement qui nous entoure que le romancier pose des questions. Il nous montre la beauté de ce monde, nous fait prendre conscience de ce que nous sommes en train de faire subir à la Terre. Que garderions-nous si jamais une seule chose devait être conservée ? Qu'elle est la plus belle chose dans ce monde ? Ce dernier aura-t-il une fin ? Si oui, sous quelle forme ? Et peu à peu, le scénario de Sirius devient plausible pour le lecteur. Probable même. Et ça c'est très fort.


L'écriture de Stéphane Servant... Punaise (et je suis poli) qu'il est fort. Il arrive à rendre magnifique la fin du monde avec ses mots, tout en poésie. Il mélange subtilement les genres, fait des clins d'oeil, amène en douceur des révélations, il met en place sa fin, la composant au fur et à mesure, comme si, il associait les pièces d'un puzzle finement détachées. Résultat, la fin est d'une cohérence folle avec ce que nous avons vécu durant ces presque 500 pages. Elle paraît... Logique. Et ça c'est très fort.



Le coeur des Louves ou Sirius ? Impossible de choisir, tous les deux ont été des lectures majeures de cette année et avec "La langue des Bêtes qui suivra bientôt, on peut dire que Stéphane Servant imprègne de sa plume mon année 2017. Sirius est à lire. Pour les plus jeunes, qui se plairont à découvrir les aventures des personnages avec une belle délectation. Et les plus grands, pour qui ce livre sera le point de départ de nombreuses interrogations, et ils observeront le monde différemment après ça. Et ça justement, c'est très fort.

La drôle de vie de Bibow Bradley



Auteure : Axl Cendres 

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 208 pages

Année de sortie : 2012




Résumé : USA, les 60’s. Né dans une petite ville perdue de l’Illinois, le jeune Bibow Bradley est destiné à finir derrière le comptoir du Bradley’s and son, le bar à tocards que tient sa famille. Après un détour obligé par la case Guerre – la sienne, ce sera le Vietnam. À 18 ans, parachuté dans le combat, il aurait dû perdre un oeil comme papy ou une jambe comme papa, mais la particularité de Bibow, c’est qu’il n’a jamais peur. Les balles sifflent à ses oreilles sans qu’il sursaute. Un don très utile aux yeux de la CIA… Mais de mission en mission, entre activistes communistes à Moscou et rassemblements hippies à Woodstock, Bibow découvrira une chose qu’on ne lui a jamais enseignée : le facteur humain.

Introduction : Axl Cendres. Premier roman depuis "Dysfonctionnelle". Donc depuis novembre 2015. Bon, autant vous dire qu'il m'en aura fallu du temps pour digérer le roman que je considère comme mon roman préféré. Oui oui, le seul et l'unique. Qu'attends-je de "La drôle de vie de Bibow Bradley" ? Franchement... La surprise. La même incroyable surprise qui m'avait sauté à la gorge lors de ma lecture de "Dysfonctionnelle". Et là encore, la magie opère. Sacrée Axl. Vivement qu'on se rencontre, je ne perds pas espoir.

Commentaire
: Bibow est un personnage drôle, sans aucun doute. Né au sein d'une famille campagnarde de l'Illinois, dans les années 50, ce jeune homme a la particularité de ne jamais ressentir la peur. Un "don" qui le sauvera tantôt, mais qui lui attirera des soucis, aussi. Bibow est un personnage atypique. Sa particularité, son entourage, l'époque à laquelle il vit, tout cela le rend à part. On ne peut s'identifier à Robert Bradley Jr. Mais on peut l'adorer, et je pense que comme moi, beaucoup de monde adore Bibow. A la manière de Fidèle dans "Dysfonctionnelle", c'est quelqu'un qui fait ressentir tout un tas d'émotions au lecteur. On est stresser, on a peur, on rit, on est heureux pour lui. Car lui, justement, eh bien j'ai la sensation qu'il ne ressent pas vraiment tout cela. Bibow a toujours voulu être ailleurs. Quelque part où il se sent bien. Cette envie d'évasion, omniprésente durant toute notre lecture, se caractérise par cette phrase, répétée à plusieurs reprises dans le bouquin : "Bien sûr j'aurai pu m'enfuir, mais pour aller où ?". Le jeune homme, de part son éducation et l'environnement dans lequel il a été élevé, est assez vulgaire dans ses propos au début du livre. Mais, au fur et à mesure que l'histoire avance, cette vulgarité s'efface quelque peu. Une preuve de maturité d'un Bibow devenu plus sage. C'est subtil et efficace. Bravo Axl. Vraiment.


L'histoire, c'est celle de ce Robert Bradley Jr. sans aucune peur. C'est l'histoire de sa vie. Une vie mouvementée, peu ordinaire, pleine de rebondissement. Je me demande encore aujourd'hui si tous les faits racontés dans ce bouquin sont réels, et j'irais me renseigner. A travers celui-ci, Axl Cendres dénonce clairement la guerre, et plus particulièrement la CIA et ses agissements. Bibow, à cause (grâce) de ce "problème" donc, se retrouve à trembler sur le globe, au coeur de mission visant à éradiquer (la plupart du temps) le communisme et ses partisans. Tout ce qu'on peut dire, c'est qu'on ne s'ennuie certainement pas. L'action est omniprésente, ce qui rend le livre très addictif. Les rebondissements sont bien là. L'humour et les émotions aussi. Encore ce cocktail explosif qui fonctionne si bien. Dans un tout autre genre que "Dysfonctionnelle". Ca fonctionne, Axl Cendres maîtrise parfaitement bien son sujet, ajoutant même quelques pointes sur l'Histoire et la guerre de Vietnam. Conquis, c'est le moins qu'on puisse dire.


Pour l'écriture, là, c'est trash
. Les gros mots, il y en a. A quasiment chaque phrase même, au début du moins. Personnellement, ça ne m'a pas dérangé, je pense que cela rend le roman plus réaliste quelque part, quand on sait dans quel contexte familial il se déroule. Axl Cendres nous fait rire, nous émeut, encore et toujours. C'est une magicienne des mots. Dysfonctionnelle l'aura confirmé par la suite. Chapeau l'artiste.

La fin, quant à elle, apaise littéralement le lecteur, à la manière de Dysfonctionnelle. C'est inattendu. C'est beau. Là encore. Merci.



Un coup de coeur ? Oui. Aussi grand que pour Dysfonctionnelle ? Non. Mais n'empêche, second coup de coeur. Un magnifique coup de coeur. Une de mes plus belles lectures de 2017.

Eleanor & Park de Rainbow Rowell




Auteure : Rainbow Rowell

Maison d'édition : Pocket Jeunesse

Nombre de pages : 384 pages

Année de sortie : 2014




Résumé : 1986. Lorsque Eleanor, nouvelle au lycée, trop rousse, trop ronde, s'installe à côté de lui dans le bus scolaire, Park, garçon solitaire et secret, l'ignore poliment. Pourtant, peu à peu, les deux lycéens se rapprochent, liés par leur amour des comics et des Smiths... Et qu'importe si tout le monde au lycée harcèle Eleanor et si sa vie chez elle est un véritable enfer, Park est prêt à tout pour la sortir de là.

Introduction
: Vous savez, il existe des romans, non, des petits joyaux, qui vous retournent, qui vous hantent, dont vous refaites les histoires des dizaines de fois, parfois en modifiant certains passages ou certains personnages. Vous vous imaginez à leurs côtés, en train de vivre ces folles aventures, en quête de quelqu'un, de quelque chose ou tout simplement de soi-même. A chaque fois que vous en relisez un passage de ces livres, votre corps est parcouru de frissons et votre esprit est embrumé par les lignes qui défilent sous vos yeux ébahis. Vous ne voyez pas ? Mais si... Vous savez, les premiers mots, les premières lignes de ces bijoux vous transportent vers un autre monde, vous n’êtes dès lors plus vraiment vous-même, et vous n’êtes plus vraiment en train de lire un livre non plus. Vous le vivez. Il vous faut d'ailleurs plusieurs dizaine de minutes parfois pour émerger et revenir à la réalité, dans un grand soupir. Vous n'attendez qu'une chose, revenir à votre lecture et repasser de l'autre côté, si je puis dire. Chaque détails de la vie réelle vous rappelle votre lecture en cours, et vous n'avez alors qu'une envie : retrouver les pages de votre bouquin. Voyez-vous ce que je veux dire ? Oui ? Alors, c'est bon, nous pouvons commencer.


Cette introduction, écrite pour ma chronique du roman Tant que nous sommes vivants, vous décrit parfaitement mon ressenti sur elle-même. C'est parti pour la chronique d'un coup de coeur. Enorme coup de coeur.


Commentaire
: Il faut savoir que je ne suis pas tellement histoire d'amour. Mais quand elles sont bien écrites, elles me chamboulent pendant des semaines entières (oui oui, je pense à Songe à la douceur). Et là encore, même plus d'une semaine après la fin de ma lecture, ça va être très dur de trouver les mots pour vous décrire mon ressenti sur ce bijoux.


Comme à l’accoutumé, commençons par aborder ces personnages. Eleanor. Park. Bon, bah... Coup de coeur hein. Et oui, encore une fois. Décidément, les personnages de mes lectures sont très bons ces derniers temps. Plus sérieusement, cette fois-ci, ce n'est pas parce que j'ai pu m'identifier à eux que je l'ai adoré, c'est pour leur simplicité. L'un comme l'autre, ils ont leur style et ne tentent pas de rentrer dans la masse compacte des lycéens populaires. Ils sont particuliers. Je ne saurais vous dire pourquoi, mais ils ont quelque chose en plus, quelque chose qui chacun unique et attachant. C'est aussi pour cette raison qu'ils sont tombés amoureux, je pense. Pour vous parler un peu d'eux séparément : Park est jeune chinois dont on appréciera les goûts musicaux, le calme et la passion pour Eleanor. Chez cette dernière, on aimera l'extravagance, le manque d’intérêt pour le regard des autres et la timidité. Chacun cache ses secrets. Ils s'ouvrent telle une fleur l'un à l'autre, doucement, sous la douce chaleur du soleil de l'amour. Eleanor n'est rien sans Park. Park n'est rien sans Eleanor. Les deux se complètent parfaitement bien. Chacun apporte une touche de ce que l'autre n'a pas. Ils forment un magnifique couple. Et le lecteur devient spectateur de cette amour. Rainbow Rowell nous rend amoureux d'un roman. Véritablement. Et quelle belle sensation !


L'amour entre les deux naît comme un soleil se lève un matin de printemps
(oui je suis d'humeur poétique). Doucement, on ne le perçoit d'abord pas tout à fait, même si on sent que quelque chose se passe à l'intérieur des coeurs. Un petit picotement quand on aperçoit l'autre, qui se transforme rapidement en une sensation de chaleur dans le ventre. On cherche à capter son regard. On se cherche. C'est compliqué, l'amour. Et tout cela, l'auteure nous le fait ressentir en cent fois plus fort. Elle mène l'histoire à la perfection. Une histoire d'exception, entre deux individus d'exception. Aucune étape n'est sautée. On ressent avec eux le picotement dans le ventre, les frissons dans la nuque, les envies de se voir, de se dire ce que l'on ressent. On tombe amoureux, comme eux. Ce roman, cette histoire est un véritable concentré de sentiments, tous plus forts les uns que les autres.

Je pense que chacun peut lire ce livre
, à que c'est l'âge qui fera qu'on le percevra d'une manière différente. Si quelqu'un le lit alors qu'il est un adolescent de 13-14 ans, alors il se rêvera de vivre une telle histoire d'amour, avec autant de passion. A contrario, un adulte quinquagénaire retombera amoureux et ressentira énormément de nostalgie à la lecture de ce livre. Des sentiments différents en fonction de l'âge... Toute en finesse. Chapeau l'artiste.

Rainbow Rowell sublime son histoire de sa plume. Elle propose parfois de belles métaphores qui ne sont pas non plus trop complexes à la lecture. Elle rend notre lecture fluide, simple et merveilleuse à la fois. Les émotions ressenties sont dingues. Merci à elle.


Une fin à en faire pleurer une statue conclue ce sublime roman. On ressort, le coeur battant et le cerveau embrumé par tant d'émotions. Quel splendide voyage !



Pour conclure simplement et efficacement, c'est un bijoux à lire à tout âge !

samedi 19 août 2017

Le tableau du Samedi de Lady Marianne : Henri Matisse, un peintre révolutionnaire au XXème sicèle

Le principe ?
On évoque en quelques mots un tableau, pourquoi il nous émeut, nous inspire, nous intrigue. On ajoute aussi quelques lignes sur l'artiste bien entendu. Et le tour est joué.


Petite biographie :





Henri Matisse, né en 1869 à Cateau-Cambrésis et mort en 1954 à Nice, est un peintre, sculpteur, graveur et dessinateur français. Ses oeuvres sont très variées : on y retrouve des portraits, des natures ou encore des représentations d'objets. Ce qui caractérise ses oeuvres, c'est avant tout les couleurs vives qui les composent. Matisse a révolutionné le XXème siècle. Il est le père du fauvisme.


Comment ai-je connu cet artiste ?
Matisse est un grand nom de l'art français. J'ai souvent vu ses oeuvres, que ce soit dans les quelques musées que j'ai eu l'occasion de visiter, à la télévision, lorsqu'on parle des expositions mettant en scène ses oeuvres ou plus simplement dans les livres que j'ai eu à l'école, plus jeune.


Quel oeuvre as-tu choisis de nous présenter ?



Là encore, comme pour l'article sur David Hockney, j'ai choisi de vous présenter l'oeuvre la plus connue d'Henri Matisse : Luxe, Calme et Volupté.


Pourquoi ?

Et là aussi, je trouve que cette oeuvre se détache du reste des oeuvres du peintre. Bon d'accord, Henri Matisse est quelqu'un qui a peint beaucoup de styles différents de tableaux au cours de sa vie, et on retrouve d'ailleurs dans celui-ci ce mélange de couleurs chaudes qui interpellent le spectateur. Personnellement, j'ai beaucoup aimé cette oeuvre de part la technique des pointillés employée par l'artiste pour la réaliser. C'est avant tout cela qui a porté mon choix sur ce tableau-ci. Il est d'ailleurs à noter que le peintre n'utilise absolument pas la technique "pointilliste" classique pour cette oeuvre, puisque lui réalise de petits rectangles alors que normalement, la doctrine voudrait qu'il peigne de très fines couches de peinture pure. Ce tableau est donc assez particulier à mon sens, même si l'on retrouve les "codes" Henri Matisse !


Que t'inspires cet oeuvre ?

Les personnages représentés ont des attitudes très différentes les unes des autres. Certains ont l'air de profiter du soleil, d'autres se lamentent. Celui debout à l'air de tenir quelque chose dans la main, comme s’il désirait sacrifier celui qui est au sol à ses pieds. Pour ce qui est de l'arrière plan, les couleurs me réchauffent, et j'irais bien piquer une petite tête dans cet océan, ou encore faire un tour sur le voilier !


Le blog de Lady Marianne à retrouver ici

L'atelier de Ghislaine : Amitié.

La contrainte : Ecrire avec dans le texte minimum cinq mots en -oir et cinq mots en -our.


Le jour déclinait à peine. Les âmes vagabondes rejoignaient un oreiller qui accueillerait les rêves et espoirs de chacun le temps de quelques heures à peine. L'esprit embrumé par les éclairs de la douleur, je couchais sur le papier mes pensées mortuaires, qui ne seraient bientôt plus qu'une trainée de poussière dans l'univers composé de mille étoiles brillantes. Sans artifice, j'ai décliné ce que j'avais sur le coeur bien des fois, le cul collé sur cette chaise moelleuse, les coudes posés sur cette table laquée de bois et marquée de mes envies d'un soir. Non, de tous les soirs en fait. La vie est belle. Oui. Mais la vie est une chienne. Aussi. Elle offre des moments insensées, jours où le cerveau est empreint de l'ivresse d'un bonheur aussi soudain qu'intense. TU étais là. TU y a participé, à ce putain de bonheur, plus encore que tous les autres avec qui nous étions réunis, lors de ce voyage du bout du monde. Nos yeux se sont croisés la première fois, alors qu'un de mes gestes maladroits venait d'effleurer ton visage. Tu m'as souris lentement, comme une fleur qui s'ouvrirait. Sourd aux appels du reste du groupe, je t'ai fixé encore un petit moment, avant de me détourner, persuadé que quelque chose se cachait derrière ce regard bleuté. Quelques mots échangés, un ou deux rires, trois fois rien en apparence. Ca a suffit, visiblement. On s'est parlé, doucement d'abord, effleurant à peine la surface de deux complexités incarnées depuis toujours par notre deux êtres. On se tourne autour, se découvrant lentement des points  communs ancrés au fond de chacun. Aujourd'hui, contemplant les étoiles piquant le ciel couleur encre de leur éclats de lumière, je me dis que le destin nous a amener à nous rencontrer. Et je sais que, de là où tu te situe, en contemplant ce ciel, tu penses exactement la même chose. Les autres n'ont pas compris, je le crois, et ils ne comprendront jamais. Il penseront qu'on devrait sortir ensemble. Mais non. Je le sais. Tu le sais. Cela est plus profond. On se l'est dit souvent. Finalement, sans le vouloir peut-être, on s'est livré. On s'est confié sur nous, nos envies, nos secrets, nos faces cachées. On a creusé en chacun la croûte de la surface, pour apercevoir la lueur éclater de la vraie personne qui se cache en dedans. Ce n'est pas de l'amour. Une amitié profonde et certaine, pour sûr. On a parlé longuement, de nous, à la belle étoile, quelques heures sûrement, sans pouvoir s'arrêter. On a jeté le poids des mots par-dessus bord, réciproquement. On s'est remercié, on s'est fait un câlin. On a fait comme si ce n'était rien. Mais on le savait, qu'un lien terriblement fort s'était créé, et qu'il ne se distendrait jamais malgré le poids de la distance qui pèsera dessus. Il restera toujours en place. On se l'ai promis. Après le départ, j'étais triste, mais serein. On ne trahis pas quelque chose d'aussi fort, croisé au détour d'un séjour si incroyablement merveilleux. Et maintenant je suis là, seul, noyé dans des certitudes entourées de glace. On cristallisera ce fil. Si tu es d'accord. Evidemment.

mercredi 16 août 2017

La fourmi rouge d'Emilie Chazerand




Auteure : Emilie Chazerand 

Maison d'édition : Sarbacane 

Collection : Exprim' 

Nombre de pages : 256 pages 

Année de sortie : 2017





Résumé : Vania Strudel a 15 ans, un œil qui part en vrille et une vie qui prend à peu près la même direction. Et ce, à cause de :
- Sa mère, qui est morte quand elle avait huit ans.
- Son père, un taxidermiste farfelu.
- Pierre-Rachid, son pote de toujours, qui risque de ne plus le rester...
- Son ennemie jurée, Charlotte Kramer, la star du lycée.
- Sa rentrée en Seconde, proprement catastrophique.
Pour Vania, c'est clair : l'existence est une succession de vacheries, et elle est condamnée à n'être personne. Une fourmi parmi d'autres. Mais un soir, elle reçoit un mail anonyme, qui lui explique en détail que non, elle n'est pas une banale fourmi noire sans aspérités. Elle serait même plutôt du genre vive, colorée, piquante ! Du genre fourmi rouge...


Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Je ne vais pas faire une longue introduction. Ce roman, qui sortira le 23 dans la collection Exprim', m'intriguait assez largement de part son titre et sa couverture. Pour garder la surprise intacte, je n'ai pas lu le résumé à peine un ou deux avis le concernant. Et j'ai bien fait. Vraiment bien fait.


Commentaire
: Dès les premières pages, l'auteure nous mène à la rencontre de Vania Strudel, le personnage principal de ce roman.


Ce dernier étant à la première personne, c'est donc l'adolescente qui va nous livrer une description détaillée, complètement loufoque et drôlissime d'elle-même. Elle nous en apprend un peu plus sur son entourage, à savoir son père et ses amis. Un belle entrée en matière, qui offre déjà au lecteur la possibilité de se faire un avis sur celle qui va lui partager ses pensées durant toute la durée de l'histoire. Et franchement... Le courant passe clairement. Je pense que dans ma situation c'est encore plus le cas, puisque qu'on suit Vania alors que celle-ci effectue sa rentrée en seconde. Hors, dans un peu moins de trois semaines maintenant, ce sera également mon cas. Cette jeune fille est quelqu'un d'assez particulière qui n'a pas été épargnée par la vie. On l'adore pendant pas mal de temps, on la déteste parfois, on veut la gifler, on veut la serrer dans nos bras, elle nous fait rire, tout le temps. Cette description faite au début de l'histoire nous la rend familière, un peu comme si nous étions finalement son grand frère. On a envie de l'aider, de la raisonner. Vania possède mille et unes faces cachées. C'est quelqu'un de très complexe, très contradictoire, un peu égocentrique sur les bords. Mais au fil des pages, on la voit mûrir, on sent qu'il se passe quelque chose dans son esprit. Elle cache et recèle des secrets qu'elle se refuse elle-même de penser. Elle nous laisse dans le flou. Car c'est bien elle, la clé de l'histoire. Elle et elle seule. En dehors d'elle, ce livre possède une salve de personnages secondaires absolument loufoques, qu'on adore. Que ce soit le père, sa meilleure amie, son meilleur ami, ses voisins. Chacun possède son charme. Même les "méchants", on adore les détester. C'est fou quand même, tout ce qu'un livre peut nous faire ressentir.

Même si on ne dirait pas, ce livre recèle tout un tas de rebondissements incroyables. Subtilement, Emilie Chazerand nous guide vers des chemins qui se révèleront faux. Elle nous laisse dans le flou, elle casse nos certitudes. Elle est très forte à ce jeux. Elle nous fait nous poser des questions. On se ment à nous-même. On réfléchi aussi. Beaucoup. Sur l'adolescence, sur le bonheur, sur la vie en général, sur la mode, sur les codes d'aujourd'hui, sur la mentalité des jeunes. Après ma lecture, j'étais vraiment épaté par la faculté qu'a ce bouquin à nous faire nous poser des questions. Je crois qu'il est même important de le lire pour des adultes, car il permet de mieux comprendre le fonctionnement d'un(e) adolescent(e) d'aujourd'hui. Je ne crois pas nécessaire de vous parler plus en détail de l'histoire que cela, car le tour de passe-passe réussi par l'auteure avec ce nouvel Exprim' est très fort, et tout nouvel élément que je pourrais vous révéler gâcherais tout cela. Lisez-le. C'est tout ce que je peux vous conseiller.





Côté écriture, Emilie Chazerand m'a comblé. Elle nous plonge à la perfection dans la tête de Vania. Elle pique son récit de comparaisons et de métaphores très pertinentes et drôles. On comprend ainsi parfaitement les sentiments de l'adolescente. On ne s'ennuie pas une seconde. Elle nous fait rire comme pleurer.


Le seul petit bémol que j'aurais à dire concerne la fin. En effet, je pense que l'on peut deviner assez facilement quelques révélations, notamment en ce qui concerne le fameux mail. Mais la fin en elle-même est bouleversante, j'ai même failli verser une larme, et je pense que beaucoup ont du en verser une.



Ce livre est une nouvelle pépite de la collection Exprim' qu'il ne vous faut absolument pas rater. Il ouvre une nouvelle branche dans cette collection qui ne cesse de s'enrichir.

mercredi 2 août 2017

Sirius arrive en Aout...

Bonjour à tous ! Je vous dépose ici le résumé de Sirius, la nouvelle sortie de l'auteur Stéphane Servant aux éditions du Rouergue, qui arrive en Aout... 

Dans un monde post-apocalyptique au bord de l’extinction,
deux enfants vont tenter l’impossible : survivre.
Le monde tel que nous le connaissons a disparu… Les animaux, les hommes et même les plantes sont
devenus stériles, la terre vit maintenant ses dernières années. Et Tandis que des centaines d’étoiles
filantes embrasent le ciel chaque nuit, Avril, une jeune fille, et Kid, un petit garçon, tentent comme
ils peuvent de survivre. Perchés au sommet d’un arbre dans une cabane qu’ils ont trouvée alors que
Kid était encore un bébé, leur quotidien s’organise autour de deux choses : trouver de la nourriture et
l’éducation de Kid. Quasiment seuls au monde, ils auraient pu continuer ainsi encore longtemps mais
le passé d’Avril, plein de mystère et de violence, va les rattraper. Darius a retrouvé sa trace avec ce
qui reste des Étoiles noires. Cette secte, composée uniquement d’adolescents, n’avait qu’un seul but :
précipiter la fin de tout et faire payer aux adultes l’état du monde. Avril n’a plus le choix, si elle veut
vivre, elle doit fuir avec Kid. Car les Étoiles noires n’oublient pas et ne pardonnent pas. Pourchassés,
ils vont faire une rencontre qui va tout bouleverser : Sirius, un porcelet noir marqué au front d’une
étoile blanche, peut-être le dernier animal vivant. Ensemble, sur les routes, ils vont tenter de trouver un
refuge dans les montagnes. Mais leur périple s’annonce dangereux et au contact de l’animal, Kid va se
métamorphoser car Sirius n’est qu’une étoile parmi d’autres…
Avec ce roman post-apocalyptique, Stéphane Servant tourne une page et embrasse un genre nouveau
empreint d’une beauté sombre. Si l’on retrouve des éléments qui lui sont chers : références aux contes
traditionnels, personnages croqués avec justesse, ambiance envoûtante, ce roman s’éloigne des précédents
par l’action qui l’anime. Un voyage sur des routes désolées qui ne laisse pas indifférent et tient en haleine !




Les Autodafeurs tome 1 : Mon frère est un gardien de Marine Carteron


Auteure : Marine Carteron

Maison d'édition : Le Rouergue

Collection : Doado

Nombre de pages : 329 pages

Année de sortie : 2014




Résumé : "Je m'appelle Auguste Mars,
j'ai 14 ans et je suis un dangereux délinquant. Enfin ça, c'est ce qu'on l'air de penser la police, le juge pour mineur et la quasi-totalité des habitants de la ville. Evidemment, je suis totalement innocent des charges de "violences aggravées, vol, effraction et incendie criminel" qui pèsent contre moi mais pour le prouver, il faudrait que je révèle au monde l'existence de la Confrérie et du complot mené par les Autodafeurs et j'ai juré sur ma vie de garder le secret. Du coup, soit je trahis ma parole et je dévoile un secret vieux de vingt-cinq siècles (pas cool), soit je me tais et je passe pour un dangereux délinquant (pas cool non plus).
Mais bon, pour vous compreniez mieux comment j'en suis arrivé là, il faut que je reprenne depuis le début, c'est-à-dire, là où tout a commencé."


Introduction :
Je tiens tout d'abord à remercier les éditions du Rouergue pour cet envoi !


Un sacré résumé, pas vrai ?! Personnellement, les Autodafeurs est une saga qui me fait de l'oeil depuis un bon moment. En effet, elle a fait grand bruit lors de sa sortie en 2014. Une nomination pour le prix des collégiens aux Imaginales et deux tomes plus tard, je décide enfin de m'y attaquer et pour le moment, la collection Doado fait un sans-faute.


Commentaire :
Comme indiqué dans le résumé, ce premier opus nous ai conté du point de vue d'Auguste, le fils aîné de la famille Mars. Auguste, avec son humour typique d'ado, son sens de la répartie et les galères dans lesquelles il est empêtré, m'a pas mal fait penser à Maxime Mainard, le personnage principal de la saga d'Anne Percin. Et dans les deux cas, c'est un coup de coeur. Là encore, je trouve que Marine Carteron a très bien compris le "fonctionnement" si on peut dire ça, d'un adolescent, et elle a très bien su retranscrire ses pensées, son comportement, son humour à l'écrit. Je me suis senti incroyablement proche d'Auguste durant toute la durée de ma lecture. Je le comprenais. Et je trouve ça très fort de la part de Marine Carteron, car c'est un fait rare dans la littérature Young-Adult. L'autre personnage principal de ce premier tome se nomme Césarine. Il s'agit de la petite soeur d'Auguste, qui est autiste, une maladie qui lui procure quelques "particularités". Tout d'abord, Césarine ne supporte pas qu'on la touche, à quelques exceptions près (les membres de sa famille, et encore...). Ensuite, elle ne comprend pas les métaphores de la langue française. Par ailleurs, elle est assez peu sociable et n'a quasiment pas de vrai(e)s ami(e)s. Mais cette maladie lui procure aussi pas mal d'avantages. C'est une petite fille très très intelligente pour son âge. Elle est en avance scolairement parlant, et sa logique est imparable. Finalement, on se rend compte que Césarine est terriblement utile pour sa famille. Son autisme lui apporte des avantages non-négligeables, qui aideront toujours son frère et ses proches. Elle est déterminante pour l'histoire d'après moi, et les passages de son journal intime qui lui sont consacrés sont de loin les plus intéressants pour l'avancée de l'histoire. Je pense que Césarine est un personnage clé de cette saga, et finalement, si elle est en difficulté, c'est sa famille entière qui se retrouve dans la même situation.
J'espère que le prochain tome sera de son point de vue, car cette fillette m'a beaucoup plu.

Il faut savoir qu'avec les différents résumés que j'avais lus au préalable, j'ai toujours pensé que cette saga contenait des éléments fantastiques, comme par exemple le fait qu'Auguste ait des super-pouvoirs. Et bien... Non. Et finalement je trouve que cela n'est pas plus mal. Le lecteur se retrouve donc au coeur d'un conflit millénaire entre la Confrérie et les Autodafeurs. Je trouve que l'histoire a mit du temps à se mettre en place. Marine Carteron a pris le temps de nous présenter le contexte dans lequel se déroule son roman. On a eu du temps pour se familiariser avec Auguste, Césarine et le reste de leur famille. Je trouve que cela est plutôt bien, car quand l'intrigue et l'action arrivent, le lecteur est parfaitement au courant de la situation, et il connaît très bien les personnages qui composent ce bouquin. Tout bascule finalement peu avant le milieu du livre, et l'atmosphère qui le compose en est totalement modifiée. L'action est omniprésente, toujours contée par un Auguste tout en humour et en décontraction (enfin la plupart du temps). On est pris à la gorge, on ne peut s'arrêter. Finalement les cent-cinquante dernières pages ont été dévorées en l'espace de quelques heures pour ma part. Pour me laisser sur un cliffangher infernal. Comme si la dernière phrase était en fait : "vas-y, lis le prochain tome, c'est là que tout se passe". Autant vous dire que je suis extrêmement frustré, et que je vais dévorer la suite très prochainement.


Marine Carteron sait parfaitement doser le suspens dans ce roman. Elle arrête ses chapitres pile au bon moment. Du coup bah... On continue, pour en savoir plus, toujours plus. Par ailleurs, elle a très bien su représenter un ado, comme je l'ai dit plus haut. J'ai beaucoup aimé ce roman, très simple à lire. Bravo à elle.


Pour ceux qui aiment les complots et conflits planétaires, avec une pointe historique. Personnellement, le tome 2 rejoindra bientôt ma PAL !

Ses griffes et ses crocs de Mathieu Robin




Auteur : Mathieu Robin 

Maison d'édition : Actes Sud Junior 

Nombre de pages : 176 pages

Année de sortie : 2015




Résumé : Marcus a toutes sortes de tocs et d'obsessions qui lui empoisonnent l'existence. Il est intimement convaincu que s'il ne les respecte pas, un drame effroyable se produira. Quand Marcus et sa famille partent en vacances avec des amis dans un chalet perdu, le jeune garçon de Portland a un mauvais pressentiment. La nature qui les entoure, hostile et mystérieuse, fait écho à une vieille légende indienne racontant qu'une bête impitoyable hante la montagne. Un matin, Marcus transgresse un de ses tocs, le soir-même, les parents ne rentrent pas de leur randonnée. Le pont qu’’ils ont emprunté a disparu….

Un roman au suspense angoissant, à la croisée des chemins entre fantastique et récit initiatique.

Introduction :
Ce roman, le premier roman signé par Mathieu Robin, est sorti en 2015. J'avais entendu énormément de retours positifs à son propos. J'ai donc décidé de l'acheter lors de ma rencontre avec l'auteur au Livre à Metz de 2016 (je le remercie encore une fois pour ses dédicaces et pour la discussion que nous avons pu avoir). Je me suis décidé à le commencer il y a quelques jours à peine (oui j'ai mis longtemps à le lire, j'ignore toujours pourquoi). Et je ne suis pas déçu, mais alors pas du tout.


Commentaire :
Comme indiqué dans le résumé, le personnage principal de cette histoire se nomme Marcus, et il est âgé de 10 ans. Sa particularité ? Il est atteint par toutes sortes de tocs. Pour tout vous avouer, c'est un personnage avec qui j'ai eu du mal au début du livre. Je trouvais que sa "maladie" le rendait un peu trop égocentrique, parfois même malgré lui. En effet, ses parents sont tout le temps derrière lui, à le couver et à le protéger. Alors oui, je pense évidemment qu'il faut aider son enfant si il est atteint par une quelconque maladie de ce genre, mais je pense qu'il ne faut pas le sur-protéger, auquel cas il ne fera aucun effort pour affronter et arrêter ses tocs. C'est en parti pour cette raison que j'ai eu du mal à m'attacher au jeune garçon, car je trouve qu'il ne fait que peu d'efforts pour se sortir de cette situation. C'est aussi pour cette raison que je penchais plutôt du côté de la soeur de Marcus, nommée Lia. Cette dernière se considère un peu comme la mal-aimée de la famille. Ce fût un peu mon ressenti durant une bonne moitié du roman, notamment à cause de la relation entre Lia et sa mère. J'ai trouvé cette dernière vraiment cruelle avec sa fille. Finalement, mon ressenti de base s'est peu à peu équilibré, et après ma lecture, je penche plutôt du côté de Marcus, car on le voit tout de même tenter de s'en sortir et arrêter d'être un boulet pour les autres, tandis que sa soeur lui a fait quelques coups dans le dos que j'ai trouvé assez horribles. Au final, ce sont deux personnages qui ont d'après moi des torts et des raisons, et je trouve que cela les rend plus réels et touchants, finalement. J'ai donc été plutôt charmé par ces deux personnages, en plus de la flopée de personnages secondaires présents, mais je vous laisse la surprise, évidemment.


Je crois que la force principale de ce bouquin et ce qui fait son charme est sans aucun doute son histoire. Une histoire dont le lecteur se demandera pendant longtemps si celle-ci ne contient pas une pointe de fantastique. Je vous laisse la surprise. On est prit aux tripes par un roman qui mêle intrigue, action et émotions. L'auteur ne nous accorde pas une seconde de répit. Ce cocktail explosif rend le lecteur véritablement addicte à l'histoire. Ce dernier se sent au plus près des personnage, comme si il faisait parti intégrante de l'histoire, ce qui rend encore plus fort les émotions ressenties. On a peur avec eux, on rit avec eux, on est triste avec eux... La tension est omniprésente tout au long de l'histoire, jusque dans les dernières pages. Au top. Addictive. Géniale. Voilà quelques mots qui pourraient la décrire, d'après moi.


Le moins que l'on puisse dire, c'est que Mathieu Robin sait parfaitement adapter son écriture de manière à mener son lecteur par le bout du nez. C'est simple, dans mon cas, il a fait ce qu'il veut de moi. Il a réussi à me faire assimiler des choses invraisemblables, à me faire prendre une direction dans l'histoire qui n'était absolument pas la bonne. On se prend vite dans le jeux d'une plume poétique tantôt, ou plus percutante lors des scènes d'actions. Il me tarde de découvrir l'autre roman de cet auteur, qui est lui dans un tout autre registre, à savoir l'amour et le handicap.


Ce roman fût pour moi une excellente lecture, rempli
e d'aventure et de rebondissements ! A mettre dans les mains des jeunes dès 12 ans !

samedi 29 juillet 2017

Le tableau du samedi de Lady Marianne : David Hockney et le Pop-Art

Le principe ?
On évoque en quelques mots un tableau, pourquoi il nous émeut, nous inspire, nous intrigue. On ajoute aussi quelques lignes sur l'artiste bien entendu. Et le tour est joué.




Petite biographie : 
David Hockney est un peintre, sculpteur et photographe britannique né en 1937 à Bradford, au Royaume-Uni. Ses oeuvres appartiennent au mouvement de pop-art. Il réalise principalement des oeuvres mêlants photographie et peinture.

Comment ai-je connu cet artiste ?

David Hockney est un artiste réputé mondialement, son nom ne m'était pas donc pas inconnu (d'autant plus qu'il n'est pas encore décédé). La véritable première fois où j'ai entendu parlé en détail de l'artiste et de son oeuvre est très récente. C'était dans un reportage au 19h45 de M6 où l'on parlait de l'exposition qui lui était consacré au musée Pompidou de Paris. C'est à partir de là que j'ai commencé à m'intéresser plus en détail à son oeuvre et sa vie.
Qu'est ce que tu apprécies dans l'oeuvre générale de l'artiste ?
Je trouve que les tableaux d'Hockney sont très modernes. En effet, ses oeuvres appartiennent au mouvement Pop-Art, qui est un courant artistique extrêmement récent, puisqu'il date des années 1950. Son style varie énormément en fonction de ce qu'il veut représenter. Il peut être très symétrique et droit en peignant certains tableaux très réalistes qui pourraient passer pour des photos tandis que d'autres sont comment dirais-je... Moins réalistes. Ils ressemblent plus à des dessins de types mangas toujours très colorés. Ce sont donc des oeuvres qui me parlent de part leur modernité et leur style. Mais pas seulement. David Hockney aborde à travers ses réalisations des sujets toujours d'actualité et parfois tabous comme l'homosexualité avec par exemple "Two men in a shower".


Quel oeuvre as-tu choisis de nous présenter ?



Même si d'habitude j'essaie de vous trouver une oeuvre pas énormément connue de l'artiste dont je vous parle, j'ai choisi cette semaine de vous proposer à l'observation l'oeuvre la plus connue de David Hockney : A Bigger Splash.

Pourquoi ?

Je trouve que cette oeuvre ne ressemble en rien et à la fois à toutes les oeuvres d'Hockney. On reconnaît parfaitement son style de part les couleurs et le paysage représenté. Mais malgré tout, je trouve qu'il a rajouté quelque chose. En effet, l'oeuvre me fait un peu penser à un plan d'architecture, tout y est représenté très droit, et les détails, notamment dans le reflet des vitres, est incroyable. On se croirait face à une photographie, alors que tout est réalise en acrylique. En observant cette réalisation, j'ai toujours cette impression de modernité qui me saisit à la gorge, comme si l'oeuvre représentait quelque chose venu tout droit du futur, alors que celle-ci a été peinte en 1967. Chapeau l'artiste !


Qu'est ce que t'inspires cette oeuvre ? 

L'originalité de cet oeuvre provient du fait que le spectateur ne sait pas du tout ce qui a bien plonger ou tomber dans l'eau. Un homme ? Une femme ? Un enfant ? Poussé par un autre enfant ? Je me suis plu à m'imaginer des théories de plus en plus farfelues. Un requin ? Un énorme poisson ? Une soucoupe volante ? Une roue de voiture ? Une voiture ? Je n'en sais rien. Le mystère reste entier. Et vous, qu'en pensez-vous ?



Voilà j'espère que cette nouvelle formule expérimentale du Tableau du Samedi vous plaira. J'ai pris en tout cas beaucoup de plaisir à la rédiger. N'hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous en avez pensé !

Le lien du blog de Lady Marianne ici.

mercredi 26 juillet 2017

Un nouveau partenaire : les éditions le Jardin des Mots !

Bonjour à tous, je vous écris aujourd'hui pour vous annoncer un nouveau partenariat sur le blog ! Il s'agit de la maison d'édition "Le Jardin des Mots" qui est spécialisée dans l'art du conte et de la parole !

En effet, c'est un partenariat qui va me faire sortir de ma zone de confort, sans aucun doute. Mais j'aime ça. Je vais pouvoir ainsi diversifier mon contenu sur le blog, et cela ne peut être bénéfique que pour vous, lecteurs !


Je pense qu'il y aura des interviews en bonus, car le conte est un univers qui m'intéresse énormément, notamment sur le côté de la mise en voix par les conteurs. Je vous en reparlerais très vite.
Les deux premiers services de presse ont bien été reçus, je suis ravi !


Je vous en redis plus très vite, et encore merci à eux de m'avoir contacté, je suis très heureux de pouvoir découvrir cet univers !

La pouilleuse de Clémentine Beauvais



Auteure : Clémentine Beauvais

Maison d'édition : Sarbacane

Nombre de pages : 112 pages

Année de sortie : 2012





Résumé : Élèves de seconde dans le 7e arrondissement de Paris, David, Élise, Anne-Laure, Florian et Gonzague décident, comme souvent, de sécher les cours. Mais cette fois, ils kidnappent une fillette, sur un coup de tête, à l'entrée de la piscine municipale. Dans le huis clos du studio chic de Gonzague, ils commencent à la malmener, d'abord verbalement, puis physiquement, franchissant une à une les limites. Toutes ?

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane et plus particulièrement Clémentine Beauvais pour cet envoi !


Pour mettre les choses au clair, il faut savoir que ce roman m'a été envoyé suite à une discussion que j'ai pu avoir avec son auteure au Livre Sur La Place, qui est d'ailleurs extrêmement sympathique, je la remercie encore.


Pour vous remettre rapidement dans le contexte, ce roman, publié chez Sarbacane en 2012, est peut-être un peu passé à côté d'un succès qu'il aurait mérité, car, à l'instar de la plupart des romans de la collection Exprim', il dégage un message fort et intéressant pour le lecteur.


Commentaire :
Déjà, je pense que vous l'aurez remarqué dans le résumé, les sept personnages principaux de cette histoire, sont tous des anti-héros, comme on les appelle. On les déteste, et, souvent, on finit par s'attacher tout de même à eux. Là, impossible. Excepté peut-être un ou deux, ce sont des ados pourris jusqu’à la moelle, et je retiens mes mots. Malgré tous les antécédents et les excuses qu'on pourrait leur trouver, Clémentine Beauvais a vraiment su illustrer parfaitement tous les types d'adolescents capables de réaliser un pareil acte, du frustré de la vie, celui qui a des idées reçus et une opinion bien tranchée (tout le monde aura compris que je parle ici des idées racistes), celle qui cherche à faire son intéressante et celui qui suit la majorité, tout y est. Le lecteur suit le déroulé du livre à travers le point de vue de l'un des personnages. Je ne dévoilerais en aucun cas lequel, mais c'est peut-être celui que je décrirais comme mon favoris, si je devais en choisir un, car il est influençable, c'est un suiveur. Malgré ça, il n'a tout de même rien fait pour arrêter le reste du groupe, pour moi il est donc quand même un sacré pourri.


A travers cette histoire, Clémentine Beauvais nous montre avant comment une bande d'adolescents peut-être un peu inconscients des conséquences décident de perpétrer un tel acte. Elle montre aussi qu'il peut ne pas forcément y avoir une raison ou un mobile à cela. Je trouve qu'avec ce qui se passes en ce moment dans notre actualité et dans le monde, de lire un livre pareil,  nous montre idéalement bien le processus et les pensées traversant un tel groupe. Je nommerais cela l'effet domino, car un petit détail et la cause d'événements qui sont là en l'occurrence plutôt très graves. Ah oui, rassurez-vous, ce livre n'est pas aussi violent que pourrait laisser le croire le résumé. Je crois que la volonté de son auteure était avant tout de démontrer et d'interpeller le lecteur sur ce sujet qui est toujours d'actualité, et plus encore qu'il y a cinq ans. Ce roman est d'après moi un élément essentiel d'une réflexion pour le lecteur à propos de ces actes de kidnapping qui ne sont pas si rares finalement, c'est en tout cas le constat que j'ai pu faire avec mes recherches d'après lecture.


Comme répété plus haut, cette histoire se passe d'un point de vue interne. On retrouve donc un langage parfois plutôt cru, notamment dans les idées que certains veulent transmettre. Là aussi, tout est fait pour nous percuter. Ce livre est le second que je lis de Clémentine Beauvais, et je remarque que celle-ci sait vraiment adapter et modifier son style en fonction de l'histoire qu'elle veut conter et des émotions qu'elle désire transmettre. Après avoir découvert Songe à la Douceur, qui était d'une délicieuse et poétique délicatesse, je retrouve là la romancière dans un exercice de percussion constant sur son lecteur, et cela lui réussi aussi bien.


La pouilleuse est pour moi un livre qu'il faut mettre entre les mains des jeunes à partir de douze ans, car il traite d'un sujet considéré comme tabou, et il pose énormément de questions à ce propos. Comme martelé plus tôt, il est surtout une démonstration d'un acte qui va parfois beaucoup plus loin dans la gravité. C'est donc important de le découvrir, et ce à tout âge.

samedi 8 juillet 2017

Appuyez sur étoile de Sabrina Bensalah

Auteure : Sabrina Bensalah

Maison d'édition : Sarbacane

Collection : Exprim'

Nombre de pages : 224 pages

Année de sortie : 2017






Résumé : Quelques saisons ? Quelques mois ? Avril ne sait pas combien de jours il reste à sa mémé avant « d’appuyer sur Étoile ». La maladie est revenue, et ça fait peur.
Mais Avril est prête à tout pour tenter de rendre les derniers jours de sa mémé plus beaux, moins durs. Il faut dire que mémé, ce n’est pas le genre chandail & tisane. Elle a passé sa vie dans les lumières tamisées d’un bar à champagne ; elle a chanté, dansé, aimé plus que d’autres en mille vies ; alors, pas question pour elle de mourir les yeux rivés sur un plafond blanc !
Un jour, à l’hôpital, elle expose son rêve à Avril : s’éteindre tout en haut d’une montagne, près des étoiles. Assez près pour les toucher. Projet fou ? Impossible ? Sauf qu’Avril a justement l’énergie qui déplace les montagnes. La Mort gagnera sans doute, à la fin ; mais elle a affaire à deux sacrées combattantes.

Introduction : Je tiens tout d'abord à remercier les éditions Sarbacane pour cet envoi !

Je pense que vous aurez remarqué que je suis friand des histoires basées sur une relation, qu'elle soit familiale (ce qui est le cas de celle-là), d'amour (Songe à la douceur, Tant que nous sommes vivants) ou encore d'amitié (Et je danse aussi, la folle rencontre de Flora et Max). Je trouve que ce genre de livre nous transmet des sentiments inattendus, on en apprend plus sur la personnalité des personnages, on a cette impression qu'ils sont réels, on pourrait presque les toucher... Mais on en apprend beaucoup plus sur nous-même, également. On s'identifie aux protagonistes de la relation qui nous est contée. La plupart du temps, on ressort marqué au fer rouge par ce genre romanesque.

Avec cette longue introduction, mon but est avant tout de vous montrer les pensées qui m'ont traversé à la lecture de ce résumé. Vous comprendrez donc que je n'avais d'autre choix que de le demander, puis le lire pour vous en faire la chronique !

Commentaire : Comme lu plus haut, ce livre est centré sur deux personnages. Parlons de mémé, pour commencer. Touchant est, je crois, le maître mot qui pourrait décrire ce personnage. Je pense que vous avez dû remarquer tout la sympathie que j'éprouve à l'égard des "petites vieilles" lors de mes lectures (Tante Emma dans "Là où tombent les anges" par exemple). Mémé ne fait exception à la règle. Celle-ci a eu une vie bien remplie et originale, c'est le moins que l'on puisse dire. Mais sa mort aussi, elle la désire unique. J'ai été ému par ce personnage humble, émouvant, drôle parfois. Mémé est une vieille comme on les aime. Avec de la répartie, de la joie de vivre, toujours partante pour n'importe quoi, tant qu'elle s'amuse ! Elle m'a vraiment collé un sourire béant durant toute la durée de ma lecture. On l'imagine facilement, serrant les joues de sa petite Alice, lui disant qu'elle ira loin dans la vie, ou buvant et fumant avec ses anciennes collègues et amies. Ses cheveux blancs ne lui ont en rien retirer son âme de jeune femme qui profite de sa vie comme on croquerait à pleines dents dans une pomme. La jeune justement, dans ce livre, se nomme Avril. Pleine d'ambition et de fraîcheur, cette dernière coiffe des petits vieux à domicile, même si elle se rêve à un avenir radieux dans ce milieu. Elle aussi, croque la vie à pleine dent, comme elle vient. J'ai également adoré ce personnage haut en couleurs, auquel le lecteur ne peut que s'attacher. Appuyez sur Etoile, c'est avant tout deux personnages uniques, attachants, émouvants, drôles, qui se complètent et se ressemblent malgré une grande différence d'âge.

Cette histoire met en avant plusieurs sujets différents, qui méritent réflexion. Premièrement, les relations inter-générationnelles. Sabrina Bensalah nous montre ainsi les échanges que peuvent avoir un adolescent et son grand-parent, et à quel point ce dernier peut compter dans la construction mentale et plus généralement dans la vie de personnes comme Avril. Ce roman met aussi en évidence les difficultés à accepter la mort de quelqu'un, aussi bien pour les proches que pour la victime. Chaque lecteur ressentira différemment ce point de l'histoire, en fonction de son vécu personnel, enfin je le pense. Les relations humaines, les sentiments de tristesse et de désespoir sont également abordés, tout en intelligence et en finesse. J'ai adoré la manière dont l'auteure a abordé tous ces thèmes à travers cette magnifique histoire, pleine d'amour et de tristesse à la fois. Une relation pétillante, pleine de confiance, d'admiration d'un côté comme de l'autre, voici comment on pourrait définir celle qu'entretiennent mémé et Alice. On prend un plaisir fou à les voir échanger, on rit, on a les larmes aux yeux avec elles.

Le roman est divisé en différentes parties, un peu comme les morceaux d'un album. L'auteure écrit magnifiquement bien, faisant passer le lecteur du rire aux larmes en quelques lignes seulement. C'est un des rare romans qui m'a franchement fait éclater de rire à certains moments de l'histoire. Une très belle découverte, puisque Appuyez sur étoile est le premier roman que je lis écrit par Sabrina Bensalah. Je compte en lire d'autres, car celui-ci m'a énormément plu, mais je pense que vous l'avez compris.

Pour conclure, je pense que l'on pourrait décrire cet Exprim' comme un concentré d'émotions pures, à travers une magnifique relation grand-mère - petite fille. On est subjugué, que ce soit par les personnages, l'histoire ou la plume de l'auteure. A mettre dans les mains de tout le monde à partir de 13 ans.